Un scénario de « perturbations prolongées »
L’OCDE a publié le 3 juin 2026 son rapport intérimaire sur les perspectives économiques mondiales, dans lequel elle examine les conséquences d’une aggravation du conflit entre les États-Unis et l’Iran. L’organisation basée à Paris envisage un scénario dit de « perturbations prolongées », où aucun accord n’interviendrait avant 2027. Dans ce cadre, la croissance mondiale chuterait à 2,1 % cette année, contre 3,4 % en 2025, et plusieurs économies basculeraient en récession.
Le Royaume-Uni exposé à des ruptures d’approvisionnement
Pour le Royaume-Uni, les risques sont particulièrement marqués dans les zones rurales, qui dépendent fortement du gazole pour le transport, l’agriculture et le chauffage. L’OCDE prévient que ces régions seraient « particulièrement menacées » par des pénuries de diesel si les hostilités en Iran continuaient de perturber les chaînes d’approvisionnement énergétique. Cette vulnérabilité s’explique par une moindre densité de stations-service et une dépendance accrue aux livraisons par camion.
Croissance britannique revue à la hausse, mais prudence
Malgré ces alertes, l’OCDE a légèrement relevé sa prévision de croissance pour le Royaume-Uni en 2026, à 0,9 %, contre 0,7 % lors de ses précédentes estimations de mars. Cette révision s’appuie sur l’effet des dépenses publiques, qui soutiennent l’activité à court terme. Toutefois, l’organisation souligne que cette embellie reste fragile et pourrait être compromise par une détérioration du contexte international.
Un risque global de récession en cascade
Au-delà du cas britannique, l’OCDE met en garde contre un enchaînement de récessions dans plusieurs pays si le conflit iranien devait s’étendre. La hausse des prix du pétrole, les perturbations des routes maritimes et l’incertitude géopolitique pèseraient sur l’investissement et la consommation. Les économies les plus vulnérables seraient touchées en premier, mais aucun pays industrialisé ne serait totalement à l’abri.
Des réponses politiques attendues
L’organisation appelle les gouvernements à renforcer leurs stocks stratégiques de carburant et à diversifier leurs sources d’approvisionnement. Elle recommande également de préparer des plans de rationnement ciblés pour les secteurs essentiels, notamment l’agriculture et les services d’urgence. Au Royaume-Uni, des discussions seraient en cours au sein du gouvernement pour évaluer les mesures à prendre, même si aucune décision officielle n’a encore été annoncée.
Conclusion
Les prévisions de l’OCDE rappellent que la guerre en Iran, si elle se prolongeait, aurait des répercussions concrètes et immédiates sur la vie quotidienne dans les campagnes britanniques, au-delà des seuls indicateurs macroéconomiques. La situation reste suivie de près par les autorités et les acteurs économiques.