L'association Canopée, spécialisée dans la défense des forêts, a rendu publique une analyse critique de la nouvelle stratégie climatique française. L'ONG estime que le gouvernement « sacrifie » le puits de carbone forestier, un élément pourtant crucial pour atteindre la neutralité carbone.
Un puits de carbone en déclin
Les données disponibles montrent que la capacité des forêts françaises à absorber le dioxyde de carbone a diminué de plus de 50 % depuis le début des années 2000. Cette baisse s'explique par une combinaison de facteurs : sécheresses à répétition, incendies de forêt et pratiques sylvicoles intensives. Selon Canopée, la nouvelle stratégie climatique, qui définit la feuille de route de la France pour la décennie à venir, ne prévoit pas de mesures suffisantes pour inverser cette tendance.
Des orientations contestées
L'ONG pointe plusieurs orientations problématiques dans la stratégie gouvernementale. Elle critique notamment l'augmentation des prélèvements de bois destinés à la production de biomasse énergétique, ainsi que l'absence de restrictions sur les coupes rases. Ces choix, selon Canopée, risquent d'aggraver la fragilité des écosystèmes forestiers et de réduire encore leur capacité de stockage du carbone.
Un enjeu climatique majeur
Les forêts constituent un puits de carbone naturel indispensable pour compenser les émissions de gaz à effet de serre et atteindre l'objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050. L'affaiblissement de ce puits compromet les engagements climatiques de la France. Canopée appelle donc à une révision en profondeur de la stratégie, avec des mesures de protection renforcées, un moratoire sur les coupes rases et un financement accru pour une gestion durable des forêts.
Des critiques qui s'inscrivent dans un débat plus large
Cette dénonciation intervient alors que le rôle des puits de carbone naturels est au cœur des discussions sur le budget carbone de la France. Plusieurs experts et associations environnementales insistent sur l'urgence de préserver ces écosystèmes. Le gouvernement, de son côté, défend sa stratégie comme équilibrée, mais n'a pas encore répondu aux critiques formulées par Canopée. Les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir de la politique climatique française.