L'Organisation des Nations unies a considérablement relevé le montant de son appel de fonds destiné au Liban, théâtre depuis quatre mois d'un conflit armé avec Israël. L'agence humanitaire OCHA a indiqué, ce vendredi, avoir besoin d'environ 640 millions de dollars pour couvrir les besoins des six prochains mois, soit plus du double de la somme initialement réclamée en mars. L'estimation précédente, qui s'élevait à 308 millions de dollars, visait une réponse d'urgence massive pilotée par les autorités libanaises jusqu'à la fin mai.

Un financement très insuffisant

Sur cette première enveloppe, seuls 185,9 millions de dollars ont été reçus au 31 mai, selon OCHA. Ces fonds ont permis d'assister environ 680 000 personnes. Désormais, l'objectif est d'atteindre 1,4 million de personnes estimées dans le besoin, d'où l'appel supplémentaire de 331,5 millions de dollars (environ 285 millions d'euros). « Les déplacements répétés, l'insuffisance des capacités d'hébergement et les perspectives limitées de retour en sécurité accroissent la vulnérabilité », a souligné l'agence onusienne dans un communiqué, ajoutant que « les populations touchées épuisent rapidement leurs capacités d'adaptation et que les services essentiels sont soumis à une pression croissante ».

Un lourd bilan humain et matériel

Le ministère libanais de la Santé publique fait état de 3 526 morts et de 10 733 blessés depuis le début des hostilités, le 2 mars. Plus d'un million de personnes ont fui leur domicile et demeurent déplacées. Le conflit a également provoqué la fermeture ou l'endommagement de 62 hôpitaux, selon OCHA. Les autorités sanitaires recensent par ailleurs plus d'une centaine de secouristes tués. Le système éducatif est lui aussi gravement perturbé : près de 450 écoles servent de refuges aux sinistrés, entraînant une hausse des abandons scolaires et des pertes d'apprentissage.

Des répercussions économiques

La situation économique du pays se détériore sous l'effet de la guerre. Les prix du carburant et de l'électricité ont augmenté en raison des répercussions du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran sur les marchés énergétiques mondiaux. Le Programme alimentaire mondial a averti que la hausse des coûts du transport et des denrées poussait des millions de personnes supplémentaires vers la faim.

Position du Hezbollah et poursuite des combats

Israël a intensifié ses opérations militaires dans le sud du Liban, affirmant devoir poursuivre la lutte contre le Hezbollah, mouvement armé lié à l'Iran. L'armée israélienne a lancé de nouvelles frappes aériennes après avoir émis une série d'ordres d'évacuation. Le Hezbollah, de son côté, a rejeté le cessez-le-feu conditionnel accepté par les représentants libanais et israéliens à Washington jeudi, exigeant un arrêt total des combats et le retrait complet des troupes israéliennes du territoire libanais. Le conflit a débuté début mars, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël en riposte à des frappes américano-israéliennes ayant tué le guide suprême iranien. Israël a alors envoyé des troupes et lancé une vaste campagne de bombardements. Selon les autorités israéliennes, 26 soldats et 4 civils ont péri dans les attaques du Hezbollah sur la même période.

Un appel à la mobilisation

Le coordonnateur résident et humanitaire de l'ONU pour le Liban, Imran Riza, a estimé que « le bilan pour les civils est alarmant et s'aggrave de jour en jour », alors que les communautés font face à « une situation effroyable » depuis trois mois. Les Nations unies appellent la communauté internationale à se mobiliser d'urgence pour éviter un effondrement humanitaire total.