Les discussions entre l’Éthiopie et ses créanciers obligataires privés ont échoué, a fait savoir le ministère des Finances du pays. Selon les autorités, la dernière offre d’Addis-Abeba, qui prévoyait une réduction de 12 % de la valeur nominale des titres, a été repoussée par les investisseurs. Cet échec prolonge la situation de défaut dans laquelle l’Éthiopie se trouve depuis décembre 2023.
L’offre rejetée s’inscrivait dans le cadre d’une restructuration plus large de la dette extérieure, jugée indispensable pour rétablir la soutenabilité budgétaire du pays. Les créanciers, de leur côté, estiment que les conditions proposées ne reflètent pas suffisamment la capacité de paiement de l’État, ni les engagements pris dans le cadre du rééchelonnement accordé par le Club de Paris.
Menace de procédure judiciaire
En réaction à ce blocage, un groupe de détenteurs d’obligations a annoncé son intention d’engager une action en justice contre l’Éthiopie. Cette procédure, évoquée ces derniers jours, viserait à contraindre le gouvernement à honorer ses engagements ou à obtenir un traitement plus favorable dans le cadre de la restructuration. Les modalités précises de cette action n’ont pas été détaillées.
L’Éthiopie avait sollicité une renégociation de sa dette souveraine après que des difficultés économiques – accentuées par les conflits internes, l’inflation et la raréfaction des réserves de change – ont rendu le service de la dette intenable. Un accord préliminaire avec les créanciers officiels avait été trouvé fin 2024, mais les pourparlers avec les porteurs d’obligations privés butent sur le niveau de la décote.
Un processus sous tension
La persistance du défaut complique l’accès de l’Éthiopie aux marchés financiers internationaux et retarde le décaissement de fonds par le Fonds monétaire international, qui conditionne son aide à un accord global de restructuration. Le gouvernement éthiopien a réaffirmé son attachement à une solution négociée, mais la perspective d’un contentieux judiciaire durcit le ton entre les parties.
Les analystes soulignent que l’issue de ce bras de fer aura des répercussions pour d’autres pays africains engagés dans des processus de restructuration similaires, l’Éthiopie servant de test pour les équilibres entre souveraineté des États et exigences des créanciers privés.