L’UEFA accusée de lenteur face à l’imitation de clubs ukrainiens en Russie
L’instance dirigeante du football européen, l’UEFA, n’a toujours pas pris de mesures contre l’intégration de clubs issus de régions ukrainiennes illégalement occupées dans le système footballistique russe, près d’un an après avoir été saisie par la fédération ukrainienne.
Des versions imitées du Chakhtar Donetsk et du Zorya Louhansk, deux des clubs les plus titrés du championnat ukrainien, participent depuis le mois de mars à la quatrième division russe. Elles ont rejoint les clubs basés en Crimée, Rubin Yalta et FC Sébastopol, dans le groupe 1 de la Football National League 2B, une division régionalisée. Ainsi, un quart des équipes de cette poule sont censées représenter des zones de l’Ukraine occupée.
Saisine de l’UEFA sans réponse
En octobre dernier, l’Association ukrainienne de football (UAF) a écrit à l’UEFA pour lui demander « d’enquêter sur le statut et les activités des clubs susmentionnés, de fournir une explication officielle de leur position juridique et d’informer l’UAF des résultats de cet examen ». À ce jour, l’UEFA n’a pas répondu à cette demande, ce qui suscite des critiques quant à sa réactivité face à une situation qui touche à l’intégrité territoriale et sportive de l’Ukraine.
Un précédent : la Crimée
Cette affaire rappelle le cas des clubs de Crimée, annexée par la Russie en 2014. L’UEFA avait alors interdit aux clubs de cette péninsule de participer aux compétitions russes, avant d’autoriser finalement une ligue séparée sous supervision internationale. La situation actuelle, avec l’imitation de clubs ukrainiens en activité, représente un nouveau défi juridique et sportif pour l’instance européenne.
Réactions attendues
Le silence de l’UEFA contraste avec les positions fermes de nombreuses instances sportives internationales qui ont condamné l’invasion russe de l’Ukraine. Les autorités ukrainiennes attendent désormais une position claire de la part de l’organisation basée à Nyon, alors que la saison russe touche à sa fin et que ces clubs poursuivent leur championnat.
L’affaire soulève des questions sur la capacité de l’UEFA à faire respecter ses propres règlements en matière d’intégrité des compétitions et de respect de l’intégrité territoriale des États membres. Le football ukrainien, déjà éprouvé par le conflit, voit dans cette situation une nouvelle atteinte à sa souveraineté sportive.