L'Union européenne a adopté une mesure visant à contrer ce qu'elle considère comme une concurrence déloyale de la part des places de marché en ligne chinoises, en instaurant un droit de douane de trois euros (environ 3,40 dollars) sur les colis de faible valeur importés. Cette décision, officialisée le 1er juillet 2026, s'inscrit dans un contexte de croissance exponentielle des envois de petits paquets, qui a saturé les services douaniers et suscité des inquiétudes quant à la sécurité des produits.
Cette nouvelle taxe concerne les marchandises qui bénéficiaient auparavant d'une exonération pour les biens d'une valeur inférieure à 150 euros. Le nombre de colis entrant dans l'Union sous ce régime a bondi, passant de 1,4 milliard en 2022 à 5,8 milliards en 2025. La Commission européenne, en charge de la politique commerciale du bloc, justifie cette mesure par la nécessité d'empêcher les entreprises d'exploiter cette exemption pour obtenir un avantage concurrentiel, et de mettre un terme à l'importation de produits non conformes aux normes de sécurité européennes.
Un afflux massif de colis difficile à contrôler
Les autorités douanières, submergées par le volume de petits envois en provenance de l'étranger, peinent à effectuer les contrôles requis. Cette situation a été dénoncée par les entreprises européennes, qui soulignent qu'elles doivent se conformer à des normes strictes, tandis que de nombreux produits étrangers ne les respectent pas. Des inspections menées à travers l'UE en 2025 ont révélé que plus de 60 % des articles importés — tels que des jouets, des cosmétiques et des appareils électroniques — contenaient des ingrédients interdits ou manquaient de documents de sécurité.
Cette réforme fait suite à des sanctions récentes. En mai dernier, la plateforme chinoise Temu a écopé d'une amende de 200 millions d'euros pour avoir expédié vers l'UE des produits non conformes, notamment des jouets pour bébés et des petits appareils électroniques. La nouvelle taxe cible plus largement les entreprises chinoises comme Shein, Temu et AliExpress, accusées de bénéficier de conditions d'accès au marché européen jugées inéquitables.
Une mesure qui s'inscrit dans un mouvement mondial
Cette décision de l'Union européenne intervient après une initiative similaire prise par les États-Unis, qui ont également renforcé leurs taxes sur les petits colis en provenance de l'étranger. Bruxelles espère ainsi rétablir des conditions de concurrence plus équitables pour les détaillants locaux et garantir que les produits vendus sur son territoire respectent les normes de sécurité en vigueur.