Les économistes s'attendent largement à ce que la Banque d'Angleterre (BoE) maintienne son taux directeur inchangé lors de la réunion de son Comité de politique monétaire (MPC) qui s'achève jeudi. Le taux de référence devrait rester à 3,75 %, un niveau qui n'a pas été modifié depuis quatre réunions consécutives.
Des chiffres d'inflation inférieurs aux attentes
Les chiffres officiels de l'inflation publiés mercredi par l'Office national des statistiques (ONS) ont fait état d'un taux annuel de 2,8 % pour le mois de mai, un chiffre stable par rapport au mois précédent mais inférieur aux prévisions de nombreux analystes. Ce ralentissement est notamment dû à une décélération de la hausse des prix alimentaires, qui a atteint son plus bas niveau en dix-sept mois. En revanche, les coûts de transport ont augmenté au rythme le plus rapide sur un an.
Cette publication a renforcé l'opinion selon laquelle les gouverneurs n'auront pas besoin de relever les taux, contrairement aux signaux émis lors de leur précédente réunion d'avril, où ils avaient évoqué la possibilité d'une hausse en raison du choc pétrolier lié au conflit au Moyen-Orient.
La perspective d'un accord de paix allège les tensions
La principale source d'incertitude qui pesait sur les perspectives d'inflation s'estompe progressivement. Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi la signature d'un accord de paix avec l'Iran, qui devrait permettre la réouverture du détroit d'Ormuz. Cette voie maritime, par laquelle transite normalement un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux, était perturbée depuis le début des hostilités. Les cours du pétrole ont chuté à leur plus bas niveau depuis le début du conflit, les marchés anticipant un retour à la libre circulation des navires.
Les analystes estiment que cet accord pourrait freiner la hausse des prix de l'énergie et des carburants, réduisant ainsi la probabilité des scénarios d'inflation les plus pessimistes. Cependant, préviennent-ils, les prix à la consommation devraient encore s'accélérer au Royaume-Uni en raison de l'impact différé de l'augmentation des prix de gros sur les factures domestiques de gaz et d'électricité.
Impact à venir sur les factures d'énergie
Des millions de foyers britanniques sont concernés par le plafond tarifaire fixé par le régulateur Ofgem, qui doit augmenter de 13 % à partir du mois de juillet. Victoria Scholar, directrice des investissements chez Interactive Investor, a déclaré : « L'inflation au Royaume-Uni devrait augmenter au cours de l'été après le prochain plafond tarifaire d'Ofgem en juillet, lorsque nous atteindrons probablement le pic d'inflation. Pour l'instant, les données ressemblent au calme avant la tempête. »
Conséquences pour les emprunteurs et les épargnants
Le taux de base de la BoE influence directement le coût du crédit immobilier et la rémunération de l'épargne. Depuis le début du conflit en mars, le taux moyen d'une nouvelle hypothèque fixe à deux ans est passé de 4,83 % à 5,60 % au 17 juin, selon le service d'information financière Moneyfacts. Pour les prêts à cinq ans, le taux moyen est passé de 4,95 % à 5,57 % sur la même période.
Certains analystes prévoient qu'aucune nouvelle hausse du taux directeur n'interviendra pour le reste de l'année, mais la situation reste très incertaine. La Banque centrale européenne a pour sa part augmenté son taux d'intérêt la semaine dernière pour la première fois en près de trois ans, invoquant les tensions inflationnistes générées par le conflit.
Le gouverneur de la BoE et les membres du MPC doivent annoncer leur décision à midi (heure britannique) ce jeudi.