L'économie mondiale devrait connaître cette année sa plus faible expansion depuis la crise sanitaire du Covid-19, selon les dernières projections de la Banque mondiale. L'organisation a ramené son estimation de croissance pour 2026 à 2,5 %, un chiffre en retrait par rapport aux 2,7 % enregistrés en 2025.

Cette dégradation des perspectives affecte une large majorité de pays : l'institution basée à Washington a abaissé ses prévisions pour les deux tiers des économies de la planète dans le cadre de son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales. Le principal facteur invoqué est le conflit en cours au Moyen-Orient et ses conséquences sur les échanges internationaux.

Hausse de l'inflation et des prix des matières premières

La Banque mondiale prévoit une accélération marquée de l'inflation mondiale, qui devrait atteindre 3,3 % en 2026, contre 2,7 % l'année précédente. Cette tension sur les prix s'explique en grande partie par les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, une voie de passage cruciale pour le transport du pétrole.

Le rapport met également en lumière une flambée des cours des engrais : les prix moyens des fertilisants pourraient bondir de 38 % cette année, en raison des entraves à l'approvisionnement via ce même détroit et des pénuries d'intrants nécessaires à leur fabrication en provenance du Golfe. Même si le trafic dans cette zone devait reprendre normalement dans les semaines à venir, l'institution table sur un niveau d'inflation mondiale durablement élevé.

Un « risque de décennie perdue » pour les pays en développement

Les conséquences de ce ralentissement se font particulièrement sentir dans les économies émergentes. La Banque mondiale souligne qu'à l'exception de l'Inde et de la Chine, les pays en développement risquent d'avoir traversé une décennie entière sans parvenir à réduire leur écart de revenus avec les pays industrialisés. L'organisme évoque, « à moins d'un miracle », une « décennie perdue » pour ces nations.

Pour faire face à la crise, la Banque mondiale a annoncé qu'elle débloquerait jusqu'à 100 milliards de dollars sur les quinze prochains mois. Cette enveloppe est destinée aux États les plus durement touchés par les retombées économiques du conflit, afin de les aider à amortir le choc.

Des tensions géopolitiques persistantes

Ce nouveau diagnostic intervient dans un contexte où la trêve entre les États-Unis et l'Iran semble de plus en plus fragile. La perturbation des flux pétroliers dans le détroit d'Ormuz, amorcée il y a plusieurs mois par Téhéran, continue de peser sur les chaînes d'approvisionnement mondiales et d'alimenter les craintes d'une récession plus marquée.

La Banque mondiale avait déjà alerté par le passé sur les risques économiques liés aux conflits géopolitiques. Les nouvelles projections confirment que la croissance mondiale reste tributaire de la résolution des tensions internationales et du rétablissement des voies de commerce stratégiques.