La CFDT a clos son 51e congrès ce 25 juin 2026 sur un double signal : une large confirmation de sa dirigeante, Marylise Léon, et un net refus de la hausse des cotisations proposée par la direction confédérale. La secrétaire générale, en poste depuis 2023 après avoir succédé à Laurent Berger, a recueilli 98,12 % des suffrages exprimés lors du renouvellement du bureau national. Ce score, très légèrement inférieur au record de 98,31 % obtenu par son prédécesseur en 2014, reste supérieur à celui de 2022 (96,68 %).
La cotisation au cœur des tensions Le débat le plus vif du congrès a porté sur les finances du syndicat. La confédération proposait d’augmenter le taux de cotisation de 0,75 % à 0,95 % du salaire brut d’ici 2029, afin de renforcer les moyens des sections locales et des fédérations pour la formation, l’accompagnement juridique et les actions interprofessionnelles. Cette mesure devait permettre de se rapprocher du niveau de la CGT, qui fixe son taux à 1 %. Mais la majorité des délégués s’y est opposée, craignant qu’une telle hausse ne freine le recrutement ou ne provoque des départs d’adhérents. À l’issue du vote, le projet a été rejeté, alors que l’enjeu de l’autonomie financière était présenté comme stratégique par la direction.
Retraites reléguées au second plan Contrairement aux précédentes rencontres, le dossier des retraites n’a occupé qu’une place marginale. Pourtant, la mobilisation de 2023 contre la réforme Borne avait été un motif de fierté pour la centrale, plusieurs orateurs en tribune l’ayant rappelée. Mais aucune mesure concrète pour sécuriser le système de retraite n’a été débattue en profondeur, phénomène inédit depuis plusieurs congrès. Ce silence relatif tranche avec l’année 2022, où un amendement surprise avait contraint la direction à durcir sa position sur l’âge légal et le nombre de trimestres.
Inquiétude démocratique et indicateur d’équité Autre fait marquant : l’inquiétude face à la progression du Rassemblement national s’est imposée dans les discussions, prenant le pas sur l’affirmation traditionnelle de l’identité réformiste. Les congressistes ont exprimé leur vive préoccupation pour l’état de la démocratie en France, un thème rarement aussi présent dans les résolutions d’un congrès de la CFDT. En parallèle, le syndicat a adopté à plus de 80 % des voix un objectif de ratio d’équité fixé à 40, c’est-à-dire un écart maximal de 1 à 40 entre la rémunération des dirigeants du CAC 40 et le salaire médian de leurs entreprises. Certains opposants à ce seuil craignaient qu’il ne devienne un simple label de respectabilité jugé trop élevé.
Les défis pour Marylise Léon Ressortie renforcée sur le plan personnel, Marylise Léon doit désormais composer avec un mandat où les marges de manœuvre financières sont restreintes. Le rejet de la hausse des cotisations l’oblige à trouver d’autres leviers pour financer le développement syndical, la formation des militants et la présence dans les instances. Le congrès a aussi acté l’émergence de nouvelles revendications, notamment sur les rémunérations patronales, tout en maintenant une ligne critique envers l’extrême droite. La centrale, qui revendique son ancrage réformiste, devra conjuguer ces priorités alors que les attentes des adhérents et la conjoncture politique pèsent sur l’agenda social.