Les discussions en cours entre Israël et le Liban sur le transfert des zones méridionales à l’armée libanaise, sous supervision américaine, se heurtent désormais à une exigence israélienne de taille. L’État hébreu a officiellement lié le retrait de ses forces déployées au Liban au désarmement préalable du Hezbollah. Cette condition, formulée par les autorités israéliennes, ajoute une couche de complexité à un processus déjà fragile.

Une condition posée en pleine médiation américaine

La médiation américaine, qui vise à organiser un transfert progressif des localités du sud du Liban sous contrôle de l’armée libanaise, était perçue comme une étape possible vers une désescalade. Mais en exigeant que le Hezbollah — classé organisation terroriste par Israël et les États-Unis — rende les armes avant tout retrait, Israël durcit sa position. Les responsables israéliens estiment que sans cette garantie, la sécurité de leurs populations frontalières ne saurait être assurée.

Des pourparlers entamés depuis plusieurs semaines

Les échanges entre les deux pays, relayés par des intermédiaires internationaux, ont connu des avancées ces derniers jours. Le projet prévoit que l’armée libanaise prenne progressivement le contrôle des zones actuellement sous occupation israélienne, avec un déploiement supervisé par des observateurs américains. Mais la question du Hezbollah, qui dispose d’une influence militaire et politique majeure dans le sud du pays, reste le principal point d’achoppement.

Le Hezbollah maintient sa présence

Parallèlement, le Hezbollah a multiplié les démonstrations de force, organisant des tournées de presse dans les localités du Sud pour afficher son ancrage. Le mouvement chiite a également fixé ses propres conditions à un éventuel retrait, notamment la fin des violations israéliennes de la souveraineté libanaise. La position du Parlement libanais, par la voix de son président, a été de conditionner tout retrait du Hezbollah à la mise en place d’une force de dissuasion étatique.

Une issue incertaine

La condition posée par Israël risque de bloquer les négociations. Le désarmement du Hezbollah est en effet un prérequis que le Liban peine à imposer, tant le mouvement reste intégré au jeu politique et sécuritaire du pays. Les discussions, sous égide américaine, pourraient s’enliser si les parties ne trouvent pas un compromis sur ce point. Washington, qui supervise le processus, n’a pour l’instant pas commenté publiquement l’exigence israélienne.