Un centre de données sous-marin, présenté comme une première mondiale, est entré en phase opérationnelle au large des côtes de Shanghai. Le projet, baptisé « Shanghai Lingang undersea datacentre demonstration project », a été raccordé au réseau électrique en mai et fonctionne grâce à l'énergie fournie par des éoliennes offshore.

D'une capacité totale de 24 mégawatts, l'installation réunit deux partenaires : HiCloud Technology et China Communications Construction, une entreprise publique chinoise. L'objectif affiché est de répondre à la croissance explosive de la demande en calcul liée à l'intelligence artificielle, tout en limitant l'empreinte environnementale des infrastructures numériques.

Un design pensé pour l'efficacité énergétique

Contrairement aux data centers terrestres, qui nécessitent d'importants systèmes de climatisation et des volumes d'eau considérables pour évacuer la chaleur dégagée par les serveurs, cette structure immergée tire parti de la fraîcheur naturelle de l'eau de mer. Selon les promoteurs du projet, la consommation d'électricité et d'eau devrait être nettement inférieure à celle d'un site équivalent construit à terre. L'immersion permet aussi de réduire les besoins en espace au sol et d'atténuer l'impact visuel et sonore sur l'environnement.

Le choix de l'éolien offshore comme source d'alimentation directe rompt avec les précédents démonstrateurs de data centers sous-marins, qui dépendaient du réseau électrique terrestre. Microsoft avait testé un prototype similaire au large de l'Écosse (projet Natick) mais sans le coupler à une production renouvelable marine dédiée. L'initiative chinoise innove donc en intégrant dès la conception un approvisionnement énergétique décarboné local.

Un contexte porté par l'essor de l'intelligence artificielle

Cette mise en service intervient alors que la Chine accélère le déploiement de capacits de calcul pour soutenir ses ambitions dans le domaine de l'intelligence artificielle. La demande énergétique des data centers, qui hébergent les modèles d'IA générative et les services cloud, croît à un rythme soutenu, soulevant des défis en matière d'approvisionnement électrique et de refroidissement.

Le gouvernement chinois encourage depuis plusieurs années l'innovation dans les infrastructures numériques économes en ressources. Le projet Lingang s'inscrit dans cette stratégie plus large, qui vise à concilier développement technologique et objectifs climatiques. Les autorités locales espèrent que ce démonstrateur servira de référence pour de futures implantations sous-marines alimentées par des énergies marines renouvelables.

Une technologie encore à l'échelle de démonstration

Avec ses 24 MW de capacité, l'installation reste modeste comparée aux gigantesques data centers terrestres qui consomment plusieurs centaines de mégawatts. Le caractère pilote du projet implique une phase d'évaluation technique et économique avant d'envisager un déploiement plus large. Les ingénieurs doivent notamment valider la résistance des équipements à la pression, à la corrosion et aux conditions marines sur le long terme.

Les opérateurs n'ont pas communiqué de calendrier pour une éventuelle extension ou commercialisation du concept. Le succès de ce démonstrateur pourrait toutefois ouvrir la voie à d'autres installations similaires le long des côtes chinoises, où le potentiel éolien offshore est important.