Un accord de paix entre Washington et Téhéran a été formellement conclu, mais les services de renseignement américains ne cachent pas leur scepticisme. Selon des informations parvenues ces derniers jours, la CIA entretient des « doutes » sur les intentions nucléaires réelles de la République islamique. L’agence estime que Téhéran n’a pas fourni toutes les garanties nécessaires pour écarter définitivement la possibilité d’une ambition militaire atomique.

Un accord politique, pas encore technique

Si l’entente a été saluée par les chancelleries comme une avancée diplomatique majeure, les experts en non‑prolifération rappellent qu’elle repose avant tout sur des concessions politiques et économiques, sans mécanisme de vérification exhaustif du programme nucléaire. La question centrale – celle de la capacité iranienne à enrichir de l’uranium à des niveaux proches du militaire – reste en suspens. Les négociateurs américains ont obtenu un gel des activités les plus sensibles, mais les inspections menées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’ont pas permis de lever toutes les zones d’ombre.

Les réserves de la CIA

Dans une évaluation interne récente, l’agence dirigée par John Ratcliffe a estimé que l’Iran pourrait avoir conservé des capacités de recherche et développement clandestines. Plusieurs installations non déclarées n’auraient pas été inspectées, et des responsables américains jugent « insuffisantes » les informations fournies par Téhéran sur ses stocks passés d’uranium enrichi. « Ce n’est pas parce qu’un accord de paix est signé que la menace a disparu », a déclaré un haut responsable américain sous couvert d’anonymat. « Nous devons rester extrêmement vigilants. »

Réactions à Téhéran

Les autorités iraniennes rejettent ces allégations. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié les suspicions américaines de « prétexte à une méfiance permanente ». Il a rappelé que l’Iran avait signé un accord de paix et respectait ses engagements, et a appelé Washington à lever les sanctions économiques encore en vigueur. La Maison-Blanche, pour sa part, se garde de tout triomphalisme : le conseiller à la sécurité nationale a indiqué que les États-Unis poursuivraient « des inspections surprises » et maintiendraient une « posture de défense » dans la région.

Un flou aux conséquences régionales

Ce doute persistant alimente les inquiétudes des alliés américains au Moyen-Orient. Israël avait vivement critiqué les termes de l’accord, estimant qu’il n’empêchait pas l’Iran de se doter de l’arme atomique à long terme. L’Arabie saoudite, tout en saluant la fin des tensions militaires directes, multiplie les contacts avec Washington pour obtenir des garanties de sécurité supplémentaires. La France et le Royaume-Uni, parties prenantes des négociations, ont plaidé pour un renforcement des « mesures de confiance » et un accès élargi aux sites militaires iraniens.

Des négociations à reprendre ?

Plusieurs voix appellent désormais à une nouvelle phase de pourparlers : un volet technique sur le contrôle du cycle du combustible et un volet régional incluant les missiles balistiques. La CIA estime que sans ces discussions, l’accord actuel risque de n'être qu’une simple trêve. Le gouvernement iranien n’a pas encore officiellement répondu à ces demandes, mais des sources diplomatiques évoquent des « contacts exploratoires » en coulisses. Le flou demeure donc entier, et la confiance – condition sine qua non d’une paix durable – n’est toujours pas au rendez-vous.