Séoul assouplit son dispositif de sécurité frontalier. Le gouvernement sud-coréen a officialisé, mercredi 17 juin, une réduction significative de la « ligne de contrôle civil » (CCL), une zone tampon militaire située au sud de la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées. Le ministre de la Défense, Ahn Gyu-back, a présenté un plan d’ajustement qui ramène cette zone réglementée de 10 kilomètres de profondeur à une distance moyenne de 6 kilomètres.
Concrètement, environ 270 kilomètres carrés de terres, auparavant soumis à des restrictions strictes d’accès et d’usage, seront rendus aux activités civiles à compter de 2027. Les agriculteurs et les habitants de la région, qui devaient jusqu’alors obtenir une autorisation militaire pour vivre, cultiver ou construire sur leurs propres parcelles, se verront accorder davantage de liberté d’exploitation.
Des contraintes allégées pour les populations frontalières
Cette décision répond à des plaintes récurrentes des résidents et des élus locaux. « La CCL a été établie pour restreindre l’accès civil et garantir les opérations militaires, mais les appels à assouplir les mesures de contrôle se sont multipliés », a expliqué Ahn Gyu-back lors d’une déclaration retransmise par les agences de presse. Le ministre a précisé que ce réaménagement vise à « adapter la CCL aux futures conditions de sécurité, dans un contexte de baisse des effectifs militaires, tout en préservant les capacités opérationnelles ».
Park Heung-yeol, conseiller municipal du comté de Ganghwa, a salué cette évolution. Il a souligné que toute construction, même sur des terrains privés, était entravée par les règles en vigueur. La levée de ces contraintes devrait, selon lui, favoriser le développement agricole, la construction de logements et l’essor du tourisme dans les zones concernées.
Un équilibre entre sécurité et développement
Le chef de la Défense a toutefois tenu à rassurer sur le maintien des prérogatives militaires. « Nous permettrons le développement régional dans la mesure où il n’interfère pas avec les opérations militaires », a-t-il affirmé. Les exercices conjoints menés avec les forces américaines dans le secteur ne seront pas affectés par ce redéploiement des limites administratives.
Instaurée en 1954, au lendemain de l’armistice de la guerre de Corée, la CCL avait pour objectif initial d’empêcher les civils d’approcher des installations militaires sud-coréennes situées à proximité de la frontière. Au fil des décennies, elle était devenue une contrainte majeure pour les quelque 300 000 habitants vivant dans les villes et comtés limitrophes du Nord.
Cette mesure, bien que limitée dans son ampleur, constitue un signal de détente relative de la part de Séoul, qui reste en état de guerre technique avec Pyongyang. La zone démilitarisée elle-même, large de 4 kilomètres et longue de 248 kilomètres, demeure l’une des frontières les plus militarisées au monde.