La Corée du Sud projette de mettre en place un « Fonds pour l’avenir » (Future Response Fund) en utilisant les rentrées fiscales supplémentaires provenant de l’expansion rapide de son secteur des semi-conducteurs. L’annonce a été faite dimanche 5 juillet par le chef de cabinet de la présidence sud-coréenne, Kang Hoon-sik, lors d’une réunion entre le gouvernement et le Parti démocrate au pouvoir.
Ce fonds doit permettre de financer ce que le responsable a présenté comme les trois « mégaprojets » du pays, à savoir des investissements d’envergure dans les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle physique et les centres de données dédiés à l’IA. Selon Kang Hoon-sik, l’objectif est de créer de nouveaux moteurs de croissance et de répondre à ce qu’il a qualifié de « polarisation économique en forme de K » – une situation où les riches s’enrichissent tandis que les classes moyennes et populaires stagnent.
Un soutien ciblé pour les jeunes
Le responsable présidentiel a précisé que le fonds contribuerait à améliorer l’accès au logement, à l’emploi et à l’entrepreneuriat pour les personnes âgées de 20 à 30 ans. Il a également insisté sur la nécessité de ne pas « gaspiller » les recettes fiscales exceptionnelles générées par le boom des semi-conducteurs. « Les trois mégaprojets marquent le début d’un nouveau paradigme de développement national équilibré, fondé sur une coopération entre les secteurs privé et public », a-t-il déclaré.
Kang Hoon-sik a présenté ce fonds comme « une pierre angulaire » de l’ambition du président Lee Jae Myung de rendre la Corée du Sud « irremplaçable » sur la scène mondiale. Le chef de l’État, élu l’an dernier, a fait du renforcement de la compétitivité industrielle et de la réduction des inégalités l’un de ses axes prioritaires.
Un contexte d’expansion record
L’industrie sud-coréenne des semi-conducteurs connaît une croissance fulgurante, portée par la demande mondiale en puces électroniques utilisées dans l’intelligence artificielle, l’électronique grand public et les infrastructures cloud. Les entreprises du secteur, dont le géant Samsung Electronics, ont enregistré des bénéfices records, ce qui s’est traduit par une augmentation significative des recettes fiscales pour l’État. Le gouvernement entend désormais réinvestir cette manne dans des projets structurants pour préparer l’avenir du pays.
Si les modalités précises de fonctionnement du Fonds pour l’avenir n’ont pas encore été détaillées, les autorités ont indiqué qu’il s’inscrirait dans une stratégie plus large de transformation économique. La mise en œuvre de ces mégaprojets devrait impliquer une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les acteurs privés, conformément à la vision exprimée par Kang Hoon-sik.
Ce plan intervient alors que la Corée du Sud cherche à consolider sa position de leader mondial dans les technologies de pointe, tout en faisant face à des défis démographiques et sociaux. La création de ce fonds est perçue comme un moyen de concilier croissance économique et justice sociale, en orientant une partie des bénéfices de l’industrie vers des politiques de long terme.