La course à la chancellerie de l'Échiquier connaît un nouveau rebondissement. Nicholas Stern, qui fut le conseiller économique en chef du Trésor britannique, a pris position en faveur d'Ed Miliband pour occuper ce poste clé du gouvernement. Il a directement interpellé Andy Burnham, le maire de Manchester, pour qu'il agisse en ce sens.

L'ancien haut fonctionnaire, également connu pour ses travaux sur le changement climatique, n'a pas mâché ses mots. « Faites d'Ed Miliband le chancelier », a-t-il déclaré à l'adresse d'Andy Burnham, selon des informations rapportées. Cette intervention publique ajoute une voix influente au débat qui agite les rangs travaillistes sur l'identité du prochain locataire du 11 Downing Street.

Une candidature qui divise

Ed Miliband, qui fut le leader du Parti travailliste entre 2010 et 2015 et occupe aujourd'hui un poste ministériel, est régulièrement cité parmi les prétendants au poste de chancelier. Son nom voisine avec ceux d'autres figures du gouvernement, comme l'ancien secrétaire à la Santé Wes Streeting ou la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood. La perspective de voir Miliband prendre les rênes de l'économie suscite toutefois des réactions contrastées au sein du parti et des syndicats, traditionnellement influents dans le choix des orientations économiques.

L'appel de Nicholas Stern, économiste de renommée internationale et auteur du rapport Stern sur l'économie du changement climatique, pourrait peser dans la balance. Sa stature dépasse les clivages partisans et son soutien à Miliband intervient dans un contexte où les spéculations vont bon train sur un éventuel remaniement ou une succession anticipée.

Un renfort de poids

Nicholas Stern n'est pas un inconnu dans les cercles du pouvoir. Il a dirigé le service économique du Trésor sous le gouvernement travailliste de Tony Blair et Gordon Brown, puis a présidé l'Institut Grantham sur le changement climatique à la London School of Economics. Sa prise de position en faveur de Miliband est perçue comme un signal fort adressé à la direction du parti et aux décideurs.

« C'est une voix qui compte, surtout sur les questions économiques », commente un observateur de la vie politique britannique, soulignant que le soutien de Stern pourrait aider à rassurer les milieux d'affaires et les modérés. Toutefois, les résistances restent vives, notamment de la part de certains syndicats qui jugent le profil de Miliband trop centriste ou qui lui préfèrent un candidat plus ancré à gauche.

Quel avenir pour la chancellerie ?

Si l'identité du prochain chancelier reste incertaine, l'intervention de Nicholas Stern a le mérite de clarifier un point : la bataille pour le contrôle de la politique économique du pays est lancée. Andy Burnham, dont le rôle dans cette affaire n'est pas encore clair, pourrait être un intermédiaire ou un arbitre dans les négociations en coulisses.

D'ici à une éventuelle annonce officielle, les partisans de chaque camp vont tenter de faire pencher la balance. Ed Miliband dispose désormais d'un allié de poids, mais l'opposition interne, notamment syndicale, ne désarme pas. Les prochains jours devraient être décisifs pour savoir si l'appel de Stern sera entendu.