Les autorités éthiopiennes ont procédé à l'expulsion de la correspondante du journal La Croix, Augustine Passilly, jeudi 12 juin. Installée dans le pays depuis 2023, la journaliste travaillait en toute légalité. Cette mesure fait suite à un reportage qu'elle avait effectué dans la région du Tigré, une zone marquée par un conflit civil dévastateur qui a pris fin en novembre 2022.
Les circonstances précises de cette expulsion n'ont pas été officiellement détaillées par le gouvernement éthiopien. Toutefois, le voyage de la journaliste au Tigré pourrait avoir été perçu comme une violation des restrictions imposées par les autorités concernant l'accès des médias à cette région. Le Tigré a été le théâtre d'une guerre de deux ans entre les forces fédérales éthiopiennes et les autorités régionales tigréennes, un conflit qui a causé des dizaines de milliers de morts et provoqué une grave crise humanitaire.
Un contexte de restrictions médiatiques
Cet incident s'inscrit dans un climat de tensions persistantes entre la presse et le gouvernement éthiopien. Depuis la fin de la guerre au Tigré, plusieurs journalistes ont fait face à des intimidations, des arrestations ou des expulsions. Les autorités ont restreint l'accès à certaines zones du pays, notamment le Tigré, sans justification claire. Des organisations de défense de la liberté de la presse ont régulièrement dénoncé ces pratiques, estimant qu'elles entravent le travail d'information sur des événements d'intérêt public.
Augustine Passilly couvrait l'actualité éthiopienne pour le journal La Croix, un média français reconnu. Son départ forcé du territoire national constitue une nouvelle illustration des difficultés rencontrées par les correspondants étrangers dans la région, où la liberté de circulation et d'information reste limitée.
Aucune réaction officielle pour l'instant
Ni le gouvernement éthiopien ni la direction du journal La Croix n'ont communiqué officiellement sur cette expulsion au moment de l'annonce de l'information. La journaliste n'a pas non plus fait de déclaration publique. L'ambassade de France en Éthiopie pourrait être amenée à intervenir, mais aucune information n'a filtré à ce sujet.
Ce nouvel épisode risque d'aggraver les tensions diplomatiques entre Paris et Addis-Abeba. La France, comme d'autres pays occidentaux, a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations concernant la situation des droits de l'homme et la liberté de la presse en Éthiopie. L'expulsion d'une journaliste française pourrait susciter une réaction officielle des autorités françaises.