Des lacunes de gestion pointées du doigt

La Cour des comptes a rendu public, le 18 juin, un rapport sévère sur Formiris, l’association chargée de la formation professionnelle des enseignants du privé. L’institution financière y dénonce des « carences persistantes » dans la gestion de cet organisme, qui bénéficie d’un quasi-monopole sur les formations destinées au personnel des établissements privés sous contrat. Selon les magistrats, Formiris fonctionnerait grâce à des fonds publics mais serait inféodé au Secrétariat général de l’enseignement catholique.

Un quasi-monopole contesté

Formiris est la principale association de formation des enseignants du privé, financée largement par l’État. La Cour des comptes estime que cette position dominante est problématique, car elle empêche toute concurrence et toute remise en question des pratiques. Le rapport souligne que l’organisme était déjà connu pour ses faiblesses de gouvernance et de transparence, mais que les problèmes persistent.

Des relations étroites avec l’enseignement catholique

Les magistrats financiers relèvent que Formiris, bien qu’étant une association loi de 1901, est en réalité sous l’emprise du Secrétariat général de l’enseignement catholique. Cette proximité est jugée excessive, car elle conduit à une utilisation des fonds publics qui ne serait pas toujours conforme à l’intérêt général. Le rapport pointe notamment des confusions entre les missions de formation et les intérêts propres de l’enseignement catholique.

Des carences dans la gestion financière

La Cour des comptes met en évidence plusieurs carences dans la gestion des finances de Formiris. Les comptes de l’association présenteraient des irrégularités, notamment en ce qui concerne l’affectation des subventions publiques. Les magistrats dénoncent également un manque de contrôle interne et une absence de transparence sur les dépenses réelles.

Recommandations et perspectives

Face à ces constats, la Cour des comptes recommande plusieurs mesures correctives. Elle préconise une refonte de la gouvernance de Formiris, avec une séparation claire des rôles entre les acteurs publics et privés. Elle demande également que l’organisme soit soumis à un contrôle renforcé par l’État, afin de garantir que l’argent public soit utilisé à des fins de formation et non pour soutenir des intérêts particuliers. Enfin, elle suggère d’envisager une ouverture du marché de la formation à d’autres associations ou organismes, pour mettre fin au monopole.

Réactions attendues

Le rapport de la Cour des comptes suscite des réactions contrastées. Les syndicats d’enseignants du privé devraient demander des comptes à Formiris et réclamer une réforme en profondeur. De son côté, le Secrétariat général de l’enseignement catholique n’a pas encore officiellement commenté le rapport. Le ministère de l’Éducation nationale, qui finance en grande partie l’association, devrait examiner les recommandations de la Cour et décider des suites à donner.