La Cour suprême des États-Unis a annoncé, ce lundi 29 juin 2026, qu'elle rejetait la demande du président Donald Trump de réviser un jugement civil de 5 millions de dollars à son encontre. Ce verdict, rendu en mai 2023 par un jury fédéral de New York, avait conclu que le chef de l'État avait commis des abus sexuels et diffamé l'écrivaine E. Jean Carroll.
La décision de la plus haute juridiction du pays a été communiquée sans motivation écrite et sans qu'aucune opinion dissidente ne soit rendue publique. Ce refus de se saisir du dossier constitue un revers juridique important pour le président, clôturant probablement ses tentatives de contester la conclusion du jury concernant l'agression survenue au milieu des années 1990 dans une cabine d'essayage d'un grand magasin new-yorkais.
Les faits reprochés
En mai 2023, un jury fédéral siégeant à New York avait estimé que la preuve était suffisante pour établir que Donald Trump avait agressé sexuellement E. Jean Carroll dans une cabine d'essayage du magasin Bergdorf Goodman, à la suite d'une rencontre fortuite dans les années 1990. Le même jury avait également jugé que le président avait diffamé l'écrivaine en publiant une déclaration sur les réseaux sociaux dans laquelle il qualifiait son accusation de « supercherie totale » et de « canular et mensonge ». Donald Trump a toujours nié les allégations portées contre lui.
Un second dossier en perspective
Un autre litige découlant des accusations de Mme Carroll pourrait également être porté devant la Cour suprême. En janvier 2024, un jury distinct avait ordonné à M. Trump de verser à l'écrivaine 83,3 millions de dollars de dommages et intérêts pour des propos diffamatoires tenus en 2019, après qu'elle eut rendu publiques ses accusations de viol. Les avocats du président ont annoncé leur intention de demander aux juges suprêmes d'examiner également cette affaire.
Un contexte de relations tendues
Cette décision intervient quelques mois après que la Cour suprême a infligé un revers cinglant à Donald Trump en février 2026. À l'époque, la haute juridiction avait jugé que le président avait outrepassé son autorité en imposant des droits de douane massifs en invoquant des pouvoirs d'urgence. Cette décision, qui avait fragilisé la stratégie économique et la politique étrangère du chef de l'État, avait suscité une vive réaction de sa part. Il avait alors qualifié les juges ayant voté contre les tarifs douaniers de « fous et de lèche-bottes » et de « disgrâce pour notre nation ».