Le gouvernement durcit encore l’accès à MaPrimeRénov’. Selon des informations confirmées par le ministère de la Ville et du Logement à l’AFP le 28 juin, plusieurs catégories de travaux réalisés de manière isolée – les « monogestes » – ne seront plus financés par le dispositif à compter du 1er septembre. Cette décision, présentée comme « un choix de responsabilité » par l’exécutif, vise à concentrer l’argent public sur les rénovations les plus efficaces sur le plan énergétique, en cumulant plusieurs types d’interventions.

Les travaux concernés par l’exclusion

Sont visées par cette mesure l’installation de poêles à bois ou à granulés, de chauffe-eau et chauffages solaires (hors Outre-mer), de pompes à chaleur dédiées à la production d’eau chaude sanitaire, ainsi que les systèmes de ventilation. L’isolation des toits et des combles, de même que le changement de fenêtres, figurent également sur la liste des travaux qui ne seront plus pris en charge s’ils sont effectués seuls. Ces interventions ne pourront bénéficier de l’aide que si elles s’inscrivent dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, combinant plusieurs gestes.

Le ministère assume pleinement cette orientation. « Nous assumons un choix de responsabilité : concentrer l’argent public sur les rénovations les plus efficaces », a-t-il fait savoir, reprenant les termes employés dans une interview au Parisien, qui a révélé l’information le 26 juin.

Une mesure critiquée par les professionnels

Cette nouvelle restriction suscite de vives réactions parmi les acteurs du secteur. Audrey Zermati, directrice stratégie d’Effy, entreprise spécialisée dans l’accompagnement des propriétaires pour leurs travaux de rénovation, a jugé la décision « désastreuse ». Dans un communiqué, elle a estimé qu’« après des mois de stop-and-go et de pilotage à vue, c’est un nouveau signal désastreux envoyé à la rénovation énergétique ». Elle a également mis en garde contre un effet pervers : « En prétendant préserver le budget de MaPrimeRénov’, le gouvernement prend le risque de provoquer une ruée de demandes de dernière minute sur les travaux bientôt exclus, avec à la clé un nouvel engorgement du dispositif aussi prévisible que contre-productif. »

Procédure réglementaire à venir

Un décret et un arrêté doivent être soumis au Conseil national de l’habitat (CNH), instance qui réunit les professionnels du secteur, le 2 juillet. Cette consultation préalable précède l’entrée en vigueur des nouvelles règles, prévue au 1er septembre.

Ce nouveau tour de vis s’inscrit dans une série de modifications du dispositif MaPrimeRénov’, lancé en 2020 pour aider les ménages à financer des travaux d’amélioration de la performance énergétique de leurs logements. Le gouvernement justifie ces ajustements par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques tout en maximisant l’impact environnemental des sommes engagées. Les observateurs soulignent toutefois que ces changements successifs créent une instabilité préjudiciable pour les ménages comme pour les entreprises du bâtiment.