La fermeture du détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le transport maritime du pétrole, a provoqué une hausse significative du trafic de pétroliers dans le canal de Suez. En avril, le nombre de navires-citernes empruntant cette voie égyptienne a augmenté de près d'un tiers, une progression qui a permis au canal d'enregistrer des recettes inégalées depuis le début de l'année 2024.

Un report des flux énergétiques vers la mer Rouge

Cette augmentation du trafic s'explique par le report des cargaisons de brut et de produits pétroliers vers une route alternative passant par la mer Rouge. Alors que le détroit d'Ormuz est fermé, les transporteurs de pétrole se tournent massivement vers le canal de Suez, offrant à l'Égypte un rebond économique inattendu. Les données sur le nombre de pétroliers traversant le canal montrent une hausse de près de 30 % par rapport aux mois précédents, selon des chiffres compilés par des observateurs du marché.

Conséquences économiques pour l'Égypte

Ce regain d'activité s'est traduit par une augmentation des recettes perçues par l'autorité du canal. Les revenus générés par le passage des pétroliers ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de l'année 2024, offrant une bouffée d'air frais aux finances égyptiennes, mises sous pression par la crise énergétique mondiale. Le canal de Suez constitue une source importante de devises pour le pays, et ce rebond contribue à atténuer les effets de la perturbation des échanges mondiaux.

Implications pour le commerce mondial

La fermeture du détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman, a bouleversé les routes maritimes traditionnelles du pétrole. En l'absence d'accès à cette voie, les pétroliers doivent contourner la péninsule Arabique par la mer Rouge et le canal de Suez, allongeant considérablement les trajets et augmentant les coûts de transport. Ce détournement profite à l'Égypte, mais il soulève des interrogations sur la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux et sur la capacité du canal à absorber un trafic supplémentaire.

Perspectives

Les analystes estiment que ce phénomène pourrait perdurer tant que le détroit d'Ormuz reste inaccessible. La situation met en lumière la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement pétrolières et la dépendance mondiale vis-à-vis de quelques goulets d'étranglement maritimes. L'Égypte pourrait voir ses recettes continuer à croître si le trafic se maintient à ces niveaux, mais elle devra aussi gérer les risques de saturation du canal et les défis logistiques associés à cet afflux.