La Fédération internationale de football association (FIFA) a officialisé, lundi, un accord avec le groupe indien Zee Entertainment pour la retransmission de la Coupe du Monde 2026 et de plusieurs autres compétitions sur le sous-continent indien. Cet accord met fin à des mois d’incertitude et garantit la diffusion du tournoi dans l’un des derniers grands marchés où les droits n’étaient pas encore attribués.
Selon un communiqué conjoint des deux parties, l’entente porte sur 39 événements organisés par la FIFA sur une période de huit ans, jusqu’en 2034. Elle inclut notamment la Coupe du Monde masculine de 2026 et celle de 2030, ainsi que la Coupe du Monde féminine prévue en 2027. Aucun détail financier n’a été rendu public, mais la FIFA aurait initialement demandé environ 100 millions de dollars américains pour les droits des éditions 2026 et 2030, avant de réduire ses prétentions à 60 millions.
Le tournoi de 2026, qui se déroule du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, débutera dans moins de dix jours. L’enjeu pour la FIFA était de sécuriser un diffuseur en Inde, pays où le football reste largement devancé par le cricket en termes d’audience et de revenus publicitaires.
Des horaires défavorables pour le public indien
L’un des principaux obstacles à la conclusion d’un accord était le décalage horaire entre les villes hôtes nord-américaines et l’Inde, qui atteint dix à douze heures. Sur les 104 matches que comptera la compétition, seulement 14 débuteront avant minuit heure indienne. La finale, prévue le 19 juillet à 19 heures GMT, démarrera quant à elle à 0 h 30 le 20 juillet en Inde.
À titre de comparaison, 98,4 % des matches de la Coupe du Monde 2018 avaient commencé avant minuit pour le public indien, et 82,5 % lors de l’édition 2022 au Qatar, dont le fuseau horaire était beaucoup plus favorable aux téléspectateurs asiatiques. En 2022, Viacom18 avait payé environ 60 millions de dollars pour les droits de diffusion en Inde.
Un marché dominé par le cricket
Cette signature permet à Zee Entertainment de s’implanter dans le secteur audiovisuel sportif indien, dominé par la coentreprise Reliance-Disney, JioStar, qui détient les droits de l’Indian Premier League (IPL) de cricket ainsi que de la Premier League anglaise de football.
Karan Taurani, vice-président exécutif de la société d’investissement Elara Capital, a souligné que la télévision linéaire est un médium en déclin en Inde. « Quand on organise ce genre d’événements sportifs, c’est surtout le digital qui monétise et génère des revenus importants », a-t-il déclaré. « C’est une des raisons majeures pour lesquelles personne ne montrait d’intérêt pour la Coupe du Monde de la FIFA. » Selon lui, une part infime des personnes qui suivent l’IPL regardent le Mondial, et encore moins au-delà de minuit.
Après l’annonce de l’accord, l’action Zee Entertainment a progressé d’environ 7 % en Bourse. Le groupe entend désormais diffuser les matches via ses chaînes de télévision et ses plateformes numériques, même si les détails techniques de la couverture n’ont pas encore été précisés.