La Haute autorité de santé (HAS) a officiellement recommandé, ce lundi 20 juillet, que la vaccination contre la grippe devienne obligatoire pour l’ensemble des professionnels de santé, des étudiants des filières médicales et paramédicales ainsi que pour les personnels des établissements médico-sociaux accueillant des personnes âgées.
Dans son avis, l’autorité indépendante justifie cette mesure par « l’ampleur du fardeau sanitaire » lié à la grippe saisonnière et par le « risque augmenté » de transmission des soignants vers les patients ou résidents. Elle souligne que la protection des personnes vulnérables, déjà fragilisées par leur état de santé ou leur âge, justifie une approche contraignante plutôt que la simple incitation.
Un avis qui rejoint celui de l’Académie de médecine Cette préconisation fait écho aux conclusions d’un rapport de l’Académie nationale de médecine publié en mai dernier, qui plaidait déjà pour une obligation vaccinale des soignants contre la grippe. La HAS reprend les mêmes arguments épidémiologiques et éthiques, tout en précisant le champ des personnels concernés.
Pour entrer en vigueur, cette recommandation devra être transformée en décret pris en Conseil d’État, qui en fixera les modalités précises et la liste des professionnels soumis à l’obligation. Aucun calendrier n’a été avancé pour le moment.
Une mesure déjà en débat depuis plusieurs années La question de l’obligation vaccinale des soignants contre la grippe revient régulièrement dans le débat public français. Alors que la couverture vaccinale chez les personnels de santé reste insuffisante – autour de 30 % selon les dernières enquêtes –, les autorités sanitaires estiment qu’une obligation permettrait de mieux protéger les patients et de limiter les épidémies nosocomiales.
La décision de la HAS intervient dans un contexte où la grippe saisonnière continue de provoquer chaque année plusieurs milliers de décès en France, principalement chez les personnes âgées et les malades chroniques. Les professionnels de santé, en contact quotidien avec ces populations, sont considérés comme un vecteur majeur de transmission.
Des réactions attendues Syndicats de soignants et représentants des établissements de santé devraient prochainement réagir à cette annonce. Certains plaident depuis longtemps pour une obligation, tandis que d’autres mettent en avant la liberté individuelle et les risques de tensions dans un secteur déjà sous pression. Le gouvernement, via le ministère de la Santé, n’a pas encore fait connaître sa position sur le projet de décret.