La France a enclenché une procédure pénale à la suite de l’interpellation des participants de la «Flottille pour Gaza» par les autorités israéliennes. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête pour «tortures» et «crime de guerre», selon des informations judiciaires. Cette décision fait suite à la diffusion par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, d’une vidéo montrant des militants neutralisés, agenouillés, la tête contre le sol et les poignets entravés.
L’opération, survenue le 20 mai, avait provoqué une vague de réactions internationales. Plusieurs passagers du convoi humanitaire, parmi lesquels une trentaine de citoyens français, ont porté plainte pour des faits de «violences», «attouchements» ou «humiliations» subis durant leur détention. Les images diffusées par le ministre ont été vivement critiquées, certains y voyant une mise en scène dégradante.
Les enquêteurs du PNAT devront déterminer si les conditions de l’arrestation et de la rétention des militants constituent des actes de torture ou des crimes de guerre au sens du droit international. La compétence de la justice française repose sur la nationalité des victimes présumées. L’enquête a été ouverte pour des faits susceptibles d’être qualifiés de crimes relevant de la compétence des juridictions françaises.
Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités israéliennes n’a été rapportée concernant l’ouverture de cette enquête. Le gouvernement israélien avait justifié l’interception de la flottille par la nécessité de faire respecter le blocus maritime de la bande de Gaza, qu’il considère comme une mesure de sécurité légitime.
L’affaire relance les débats sur la légalité des interceptions de convois humanitaires en eaux internationales. La «Flottille pour Gaza» est une initiative visant à acheminer de l’aide et à briser le blocus imposé par Israël au territoire palestinien. Depuis plusieurs années, ces navires sont régulièrement arraisonnés par la marine israélienne, entraînant des tensions diplomatiques.
La procédure française intervient alors que plusieurs organisations non gouvernementales réclament une enquête indépendante sur les traitements infligés aux militants. L’issue de l’information judiciaire ouverte à Paris est attendue avec attention par les défenseurs des droits humains.