Apple a supprimé de son magasin d’applications la messagerie russe Max, une plateforme présentée par les autorités comme un outil de souveraineté technologique. L’application, développée par le groupe VK, n’est plus accessible au téléchargement sur l’App Store depuis la soirée du mercredi 3 juin, a indiqué l’entreprise dans un communiqué publié sur sa propre plateforme. Aucune justification n’a été fournie par Apple.
Une application « tout-en-un » promue par le Kremlin
Lancée en 2025, Max se présente comme un équivalent russe des messageries WhatsApp et Telegram, mais va bien au-delà. L’application combine en effet un réseau social, un service de messagerie chiffrée, un portefeuille bancaire, un système de carte d’identité numérique et un accès aux services publics. Elle est souvent comparée à l’application chinoise WeChat. Le président Vladimir Poutine a salué cette plateforme comme « plus sécurisée » et répondant au besoin de « souveraineté technologique » de la Russie. Depuis septembre 2025, Max est préinstallée sur les téléphones et tablettes vendus dans le pays. Elle n’est en revanche pas disponible dans l’Union européenne.
Des mesures coercitives en faveur de Max
Pour encourager l’adoption de Max, les autorités russes ont pris des mesures restrictives contre ses concurrents étrangers. L’accès à WhatsApp et Telegram a été limité, et l’utilisation de Max est devenue obligatoire pour les fonctionnaires, les entreprises publiques, les écoles et les organismes gouvernementaux. Ces décisions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance de la Russie vis-à-vis des technologies occidentales, particulièrement depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Un contexte de tensions technologiques
Ce retrait n’est pas un cas isolé. Depuis le début du conflit ukrainien, Apple et Google ont retiré des dizaines d’applications russes de leurs boutiques en ligne. En réaction, la Russie a développé son propre magasin d’applications, le RuStore, afin de proposer une alternative locale aux plateformes américaines. Les raisons exactes du retrait de Max restent inconnues. Apple n’a pas commenté l’information, tandis que le développeur a qualifié cette indisponibilité de « temporaire ».
Des inquiétudes sur la vie privée
Malgré les arguments officiels, des voix critiques s’élèvent contre Max. Des détracteurs estiment que l’application pourrait être utilisée pour surveiller les utilisateurs et collecter leurs données, en raison de son intégration étroite avec les services publics et de son contrôle par une entreprise proche du pouvoir. Le gouvernement russe rejette ces accusations et continue de promouvoir Max comme un pilier de son indépendance numérique.