À quelques semaines de la Coupe du monde 2026, la ministre des Sports a offert aux joueurs de l'équipe de France de football un présent pour le moins singulier : des pierres auxquelles elle attribue des bienfaits énergétiques. L'initiative, révélée par plusieurs médias, provoque un débat sur la frontière entre croyances personnelles et action publique.

La ministre Marina Ferrari s'est rendue la semaine dernière au Centre national du football de Clairefontaine, où elle a remis à chaque international deux minéraux : « deux étoiles en pierre, l'une en jaspe bleu et l'autre en cristal de roche », selon des informations concordantes. La ministre aurait vanté auprès des sportifs les « vertus dynamisantes » de ces objets, présentés comme des porte-bonheur capables d'apporter chance et énergie positive durant la compétition.

Des croyances assumées par la ministre

Cette démarche, loin d'être un geste anodin, s'inscrit dans un intérêt personnel revendiqué par Marina Ferrari pour les pratiques de lithothérapie, qui attribuent des propriétés thérapeutiques ou énergétiques aux minéraux. Si aucune source officielle ne confirme à ce stade que la ministre pratique elle-même cette discipline, le choix des pierres et le discours tenu aux joueurs suggèrent une adhésion à ces croyances non scientifiques.

L'initiative a rapidement suscité des réactions contrastées. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer ce qu'elles considèrent comme une dérive irrationnelle émanant d'une membre du gouvernement. Des critiques pointent le décalage entre le discours prétendument moderne du sport de haut niveau et le recours à des objets dont l'efficacité n'a jamais été démontrée par la méthode scientifique. D'autres estiment que la ministre aurait mieux fait de concentrer ses efforts sur les dossiers concrets liés à la préparation des Bleus, comme les infrastructures ou le budget alloué à la délégation.

Un geste qui interroge le rôle de l'État

Au-delà de la polémique, ce cadeau soulève une question récurrente : jusqu'où les convictions personnelles d'un responsable politique peuvent-elles influencer ses actes officiels ? Alors que la séparation entre vie privée et fonction publique est un principe républicain, l'utilisation d'argent public — ou du moins d'une enveloppe ministérielle — pour offrir des objets relevant de croyances ésotériques interroge.

La ministre n'a pas, à ce jour, commenté directement la polémique ni précisé si ces pierres avaient été acquises sur ses deniers personnels ou sur le budget de son ministère. Interrogé, son cabinet n'a pas souhaité faire de déclaration supplémentaire, renvoyant à une communication ultérieure.

Un précédent dans le sport français ?

Le recours à des talismans ou des rituels n'est pas nouveau dans le milieu sportif. De nombreux athlètes, y compris au sein de l'équipe de France, reconnaissent volontiers avoir des gestes ou des objets fétiches avant une compétition. Cependant, l'initiative émanant d'une ministre et s'inscrivant dans le cadre d'une visite officielle lui donne une dimension politique et symbolique inédite.

À l'approche du Mondial 2026, l'équipe de France espère que ces pierres porteront chance. Mais pour ses détracteurs, Marina Ferrari a surtout ouvert une brèche dans laquelle le sérieux de l'action publique pourrait bien s'engouffrer.