L'agence spatiale américaine a officialisé la fin de la mission MAVEN, le 3 juin 2026, six mois après avoir perdu tout contact avec l'orbiteur martien. Un comité d'enquête a conclu que la sonde, placée en orbite autour de Mars en 2014, se trouve dans un état irrécupérable. La Nasa avait perdu le signal de MAVEN en décembre 2025, après que l'engin est passé derrière la planète rouge. Vingt à trente minutes plus tard, alors qu'il aurait dû réapparaître, le réseau Deep Space Network de la Nasa n'a capté aucun signal. Les semaines de tentatives de reconnexion qui ont suivi, y compris via le radiotélescope de Green Bank en Virginie-Occidentale, sont restées infructueuses.

Une rotation fatale Un fragment de télémétrie récupéré quelques heures après la perte de contact a fourni un premier indice : MAVEN tournait sur elle-même à une vitesse de 2,7 tours par minute. En fonctionnement normal, la sonde est stabilisée et ne tourne pas. Cette rotation inattendue l'a privée d'énergie solaire, drainant ses batteries en quelques heures et rendant toute communication impossible. La cause racine de cette rotation reste inconnue. Le rapport final du comité d'enquête est attendu dans quelques mois. MAVEN se trouve actuellement sur une orbite entre 200 et 4 000 kilomètres d'altitude. La Nasa estime qu'elle y restera entre 50 et 100 ans avant de rentrer dans l'atmosphère martienne.

Onze ans de découvertes scientifiques Derrière la perte technique, le bilan scientifique est remarquable. MAVEN était la première mission entièrement dédiée à l'étude de l'atmosphère de Mars et à comprendre comment elle s'est échappée dans l'espace au fil des milliards d'années, transformant une planète potentiellement habitable en désert froid et aride. Parmi ses contributions majeures : la démonstration que les tempêtes solaires accélèrent significativement l'érosion de l'atmosphère martienne, la découverte de plusieurs types d'aurores inédites sur Mars, et la première mesure directe du phénomène de pulvérisation atmosphérique, où des ions projetés à grande vitesse arrachent des molécules de gaz. La sonde a également étudié l'impact des tempêtes de poussière globales sur la perte d'eau dans l'espace, et observé la comète interstellaire 3I/ATLAS quelques mois avant sa disparition. En onze ans, l'équipe scientifique de MAVEN a produit plus de 800 publications. Shannon Curry, chercheuse à l'Université du Colorado et investigatrice principale de la mission, a résumé : « Nous comprenons désormais mieux l'échappement atmosphérique sur Mars que sur n'importe quelle autre planète, y compris la Terre. »

Un vide opérationnel à combler Au-delà de la science, la perte de MAVEN a des conséquences pratiques immédiates. La sonde assurait un rôle de relais de communications entre les rovers sur la surface de Mars et la Terre, et sa contribution dépassait largement sa part des sessions : elle ne représentait que 8 % des relais du réseau martien, mais traitait 18 % des données transmises. MAVEN détenait d'ailleurs le record du système solaire de données relayées depuis une autre planète en une seule journée. Quatre sondes prennent toujours en charge ce rôle de relais : Mars Odyssey et Mars Reconnaissance Orbiter côté NASA, et Mars Express et Trace Gas Orbiter côté ESA. La Nasa indique que les opérations des rovers se poursuivent avec de légers ajustements, sans déficit scientifique notable pour l'instant.