Les députés et sénateurs devraient se prononcer sur l'avenir des titres-restaurant à la rentrée parlementaire. Serge Papin, qui préside la Commission nationale des titres-restaurant (CNTR), a confirmé qu'un texte de loi sera soumis au Parlement en septembre pour pérenniser le paiement des courses alimentaires en supermarché au moyen de ces titres.

Actuellement, la possibilité d'utiliser les titres-restaurant pour régler des achats de denrées directement consommables dans les grandes surfaces est régie par des dispositions temporaires. Le nouveau dispositif viserait à inscrire cette faculté dans le marbre législatif, levant ainsi l'incertitude qui pèse sur son renouvellement périodique.

Extension au dimanche et fin du format papier

La réforme ne se limite pas à la seule question des supermarchés. Serge Papin a évoqué plusieurs autres chantiers ouverts. L'un d'eux concerne l'élargissement de l'utilisation des titres-restaurant le dimanche. Autre mesure majeure : la suppression programmée du chéquier papier au profit du tout-dématérialisé. Les titres dématérialisés, déjà largement adoptés, deviendraient ainsi le seul format autorisé.

Un calendrier serré pour la rentrée

Le président de la CNTR a précisé que le débat parlementaire devrait se dérouler dès le début de la session ordinaire. Aucune date précise n'a été avancée pour l'adoption définitive, mais le gouvernement semble vouloir avancer rapidement sur ce dossier. L'objectif affiché est d'apporter une solution stable et pérenne à la fois pour les salariés bénéficiaires, les restaurateurs et les enseignes de distribution.

Contexte et enjeux

La dérogation permettant d'utiliser les titres-restaurant en grande surface avait été introduite durant la crise sanitaire, puis prolongée à plusieurs reprises. Sa transformation en droit permanent répond à une attente forte des consommateurs et des distributeurs. Selon des données récentes, une part significative des repas financés par ces titres est aujourd'hui consommée sous forme d'achats en supermarché. Les professionnels de la restauration traditionnelle, eux, suivent avec attention les discussions sur le maintien de cette dérogation, de crainte d'une évaporation de la clientèle.

Le passage au tout-numérique est également un enjeu de modernisation. Le format papier, jugé coûteux et moins sécurisé, serait abandonné, ce qui simplifierait la gestion tant pour les émetteurs que pour les commerçants accepteurs.

Réactions et perspectives

Les acteurs du secteur saluent l'annonce d'un calendrier législatif, tout en restant vigilants sur le contenu exact du texte. Les associations de consommateurs réclament que la pérennisation soit totale et sans restriction. La profession des restaurateurs, par la voix de ses représentants, s'interroge en revanche sur l'impact sur leur activité.

Le débat parlementaire devrait permettre de trancher ces arbitrages. Le gouvernement a indiqué qu'il souhaitait parvenir à un équilibre entre les différents intérêts en présence, sans qu'aucune date de vote ne soit encore arrêtée.