Un assaut sans précédent

Les forces russes ont mené dans la nuit de samedi à dimanche une frappe d'une intensité exceptionnelle contre Kiev, employant le plus grand nombre de missiles balistiques jamais recensé en une seule attaque depuis le début du conflit à grande échelle. Selon les autorités ukrainiennes, Moscou a tiré environ quatre douzaines de ces projectiles sur la capitale.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères par intérim, Andriï Sybiha, a qualifié cette opération de « terreur » et a exhorté la communauté internationale à imposer une « pression dévastatrice » sur la Russie pour mettre fin à ces frappes. « Nous appelons à des réponses appropriées et fermes », a-t-il écrit sur le réseau social X.

Bilan humain et matériel

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué sur X qu'au moins une personne avait été tuée et seize autres blessées. Il a réitéré l'urgence de livrer des intercepteurs antimissiles à l'Ukraine, qualifiant la protection contre les missiles balistiques de « priorité constante et absolue ». « Des intercepteurs sont nécessaires chaque jour », a-t-il ajouté, remerciant les partenaires qui honorent leurs engagements en matière de livraison de capacités antimissiles.

Selon l'armée de l'air ukrainienne, la défense aérienne a réussi à abattre 18 des 41 missiles lancés par la Russie au cours de la nuit. Vingt-trois missiles et dix drones ont touché vingt sites différents, l'attaque étant principalement dirigée contre Kiev. Par ailleurs, 108 drones russes sur 125 ont été neutralisés.

Déroulement de l'attaque

L'assaut a débuté vers 1 h 30 du matin, heure locale (22 h 30 GMT samedi), et a duré plusieurs heures. Des témoins sur place ont rapporté avoir entendu de multiples explosions, dont celles des systèmes de défense antiaérienne. Un journaliste présent dans la ville a décrit une détonation si puissante qu'elle a déclenché les alarmes de nombreuses voitures stationnées dans le centre-ville.

Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a également réagi à cette nouvelle vague de frappes, appelant les habitants à rester vigilants et à se mettre à l'abri lors des alertes.

Réactions et conséquences

Cette attaque marque une escalade dans l'utilisation d'armes balistiques par la Russie. Depuis le début de l'invasion en février 2022, Moscou a régulièrement ciblé les infrastructures et les centres urbains ukrainiens, mais jamais avec une telle concentration de missiles balistiques en une seule nuit. Les autorités ukrainiennes insistent sur le besoin urgent de systèmes de défense capables d'intercepter ces projectiles rapides.

Les secours sont toujours à l'œuvre pour déblayer les décombres et établir un bilan définitif. Plusieurs incendies se sont déclarés dans différents quartiers de la capitale.

Contexte régional

Cette offensive intervient alors que le conflit s'enlise et que Kiev réclame depuis des mois davantage de soutien militaire occidental, notamment en matière de défense antiaérienne. Les alliés de l'Ukraine ont promis des livraisons de systèmes sophistiqués, mais leur déploiement sur le terrain reste partiel.

Le Kremlin, de son côté, n'a pas commenté ces frappes spécifiques. Moscou continue de justifier ses bombardements par la nécessité de « dénazifier » et de démilitariser l'Ukraine, objectifs qu'elle affiche depuis le début de l'invasion.

Prochaines étapes

Les experts estiment que cette attaque pourrait accélérer les discussions sur l'envoi de systèmes antimissiles supplémentaires à l'Ukraine. L'administration américaine et les pays européens sont sous pression pour fournir des moyens de défense plus performants face à la menace balistique russe.

En attendant, la population de Kiev reste en alerte, tandis que les autorités appellent à ne pas sous-estimer la menace persistante de nouvelles frappes.