Le coup d’envoi de la 23e édition de la Coupe du monde masculine de football a été donné jeudi 11 juin à Mexico, avec un match d’ouverture opposant le Mexique à l’Afrique du Sud au stade Azteca. Ce tournoi est le plus vaste jamais organisé : pour la première fois, 48 nations y participent, contre 32 lors des éditions précédentes. La compétition se déroule sur trois pays hôtes – le Mexique, les États-Unis et le Canada – et comptera 104 rencontres réparties sur 39 jours, jusqu’à la finale prévue le 19 juillet au MetLife Stadium, dans le New Jersey.

La cérémonie d’ouverture s’est tenue en fin d’après-midi au stade Azteca, rebaptisé « Mexico City Stadium » pour l’occasion. Un imposant modèle du trophée de la Coupe du monde trônait au centre de la pelouse, tandis que des numéros de danse et de musique latine ont rythmé les festivités. Le point d’orgue a été la prestation de la chanteuse colombienne Shakira et du Nigérian Burna Boy, qui ont interprété « Dai Dai » – expression d’argot italien signifiant « allez » ou « donne tout » –, chanson officielle du tournoi, sous les acclamations du public.

Le stade Azteca, lieu emblématique du football mondial, avait déjà accueilli les finales des Coupes du monde de 1970 et 1986. Pour ce match inaugural, les forces de l’ordre étaient déployées en nombre dans la capitale mexicaine, notamment autour du fan zone installée dans le centre-ville, où des échauffourées ont été signalées alors que des foules tentaient de s’engouffrer dans l’enceinte bondée. Les deux équipes sont entrées sur la pelouse près d’une heure avant le coup d’envoi, sous les vivats d’un stade complet.

Le sélectionneur sud-africain, Hugo Broos, avait prévenu ses joueurs avant la rencontre : ils devraient faire abstraction de l’ambiance survoltée du public mexicain.

Un tournoi sous tension

Cette édition record n’est pas exempte de polémiques. Les prix des billets, jugés excessifs par de nombreux observateurs, ont suscité des critiques, certains accusant la Fédération internationale de football (FIFA) de les avoir artificiellement gonflés. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, s’est voulu optimiste avant le match d’ouverture, malgré une série de problèmes qui émaillent la compétition : outre la question tarifaire, l’élargissement du tournoi à 48 équipes a ravivé les débats sur la fatigue des joueurs et la qualité du jeu. À ces enjeux sportifs s’ajoutent des tensions géopolitiques, notamment la guerre en Iran, et des incidents liés à l’immigration – un arbitre somalien a ainsi été refoulé par les autorités américaines à la frontière.

La Coupe du monde 2026 se déroule dans un contexte social tendu au Mexique, où des manifestations d’enseignants et des revendications salariales ont eu lieu ces derniers jours. La fête populaire qui entoure le Mondial coexiste avec des inquiétudes sur le coût de la vie et la sécurité. La police a renforcé sa présence dans les rues de Mexico pour tenter de contenir les débordements.