Alors que les projecteurs se tournent vers la Coupe du monde 2026, qui se déroulera sur 39 jours avec 48 équipes et 104 matchs, un enjeu de taille occupe les coulisses : la perfection de la pelouse. La Fédération internationale de football association (FIFA) impose que chaque partie soit disputée sur un gazon naturel vivant. Au-delà de la simple couleur verte, la consistance du rebond du ballon et la sensation ressentie par les joueurs doivent être les mêmes d'un stade à l'autre.
L'édition 2026 présente un défi inédit par son ampleur. Le tournoi mobilise seize stades répartis sur trois pays – États-Unis, Canada et Mexique – aux climats très divers. Cinq de ces enceintes sont dotées d'un toit, et huit sont équipées de manière permanente de pelouse artificielle, qui doit être recouverte de gazon naturel pour l'occasion. « Nous avons une empreinte de tournoi extrêmement étendue », a déclaré Alan Ferguson, responsable principal de la gestion des pelouses à la FIFA. « Tenter d'harmoniser l'ensemble de manière uniforme a constitué notre plus grand défi. »
Une préparation scientifique dès 2018
Pour relever ce défi, la FIFA a réuni une équipe d'experts en gazon sous la direction de John Sorochan, de l'Université du Tennessee, et de John Rogers, de l'Université d'État du Michigan. Ces chercheurs travaillent depuis 2018 à déterminer la meilleure méthode pour obtenir une pelouse de qualité constante. Leurs études ont porté sur la sélection des variétés de graminées, les techniques de culture et les modes d'installation.
Un approvisionnement localisé pour chaque stade
La solution retenue repose sur une logique de production décentralisée. Des fermes spécialisées, situées à proximité de chaque stade, fournissent le gazon en rouleaux. Ainsi, le stade de Los Angeles sera approvisionné par West Coast Turf, tandis que celui de New York/New Jersey recevra sa pelouse de Tuckahoe Turf Farms. Pour les sites du Canada, les entreprises Bos Sod Farms (Vancouver) et Greenhorizons Sod Farms (Toronto) sont mises à contribution. Au Mexique, les stades de Monterrey, Guadalajara et Mexico seront alimentés par Pasto Santa Cruz, à l'exception de l'enceinte de la capitale qui a été ensemencée directement sur place en décembre 2025. Les autres fournisseurs incluent Desert Green Sod (Seattle), Green Valley Sod (San Francisco), Carolina Green (Kansas City), South Florida Sod (Miami) et d'autres acteurs locaux pour les villes de Boston, Philadelphie, Atlanta, Dallas et Houston.
Un enjeu de performance et de spectacle
Au-delà de la contrainte réglementaire, la qualité de la pelouse impacte directement le jeu et la sécurité des joueurs. Un terrain uniforme favorise un jeu fluide et réduit les risques de blessures. Les travaux des scientifiques visent à garantir que, quel que soit le stade ou les conditions climatiques, les sportifs évoluent sur une surface offrant les mêmes propriétés mécaniques. L'objectif est que le public puisse apprécier le spectacle sans que la nature du gazon ne vienne fausser les confrontations.