Le gouvernement russe a officialisé, ce 8 juillet, une interdiction d'exportation de gazole, une mesure visant à enrayer la pénurie de carburant qui s'aggrave sur le territoire. Les autorités expliquent cette décision par les conséquences des attaques menées par l'Ukraine contre des infrastructures pétrolières, qui ont fortement réduit la capacité de raffinage du pays.

Cette nouvelle restriction s'ajoute à un ensemble de dispositifs déjà mis en place pour tenter de stabiliser le marché intérieur. Début juillet, Moscou avait dû importer de l'essence en provenance de l'Inde, une situation inédite pour un grand pays producteur d'hydrocarbures. Fin juin, le président Vladimir Poutine avait reconnu l'existence d'une « certaine pénurie » et évoqué des pourparlers via les États-Unis pour trouver une issue.

Un tournant dans la politique énergétique russe

L'interdiction d'exporter du gazole marque un durcissement significatif. Jusqu'à présent, les autorités avaient privilégié des quotas ou des restrictions temporaires. En fermant totalement les vannes à l'exportation, Moscou espère rediriger l'intégralité de la production de gazole vers les consommateurs russes, où les files d'attente dans les stations-service et la hausse des prix créent des tensions sociales. Des limitations d'achat ont déjà été instaurées dans plusieurs régions, notamment dans le sud du pays et en Sibérie.

Pour les marchés mondiaux, cette décision pourrait entraîner une contraction de l'offre, la Russie étant l'un des principaux fournisseurs de gazole en Asie et en Europe. Les analystes anticipent une possible flambée des prix dans les pays dépendants de ces exportations.

Des répercussions en Asie centrale

La crise énergétique russe ne se limite pas à ses frontières. Plusieurs pays d'Asie centrale, traditionnellement approvisionnés en carburant par la Russie, subissent déjà des perturbations. Les restrictions à l'exportation pourraient exacerber leurs difficultés et mettre à l'épreuve leur propre sécurité énergétique. Le Kremlin mise sur une reprise rapide de la production une fois les frappes ukrainiennes maîtrisées, mais la persistance du conflit fait craindre une crise prolongée.