Le gouvernement russe a décidé de suspendre les exportations de kérosène jusqu'à la fin du mois de novembre. Cette mesure, officialisée ces derniers jours, vise à garantir l'approvisionnement du marché domestique alors que les frappes ukrainiennes contre les raffineries du pays se sont intensifiées.

Une réponse aux attaques répétées

Depuis plusieurs semaines, les installations de raffinage russes sont la cible d'offensives ukrainiennes. Ces frappes ont endommagé une partie des capacités de production, suscitant des inquiétudes quant à une éventuelle pénurie de carburant à l'intérieur du pays. En réaction, les autorités russes ont choisi de restreindre les ventes à l'étranger afin de préserver les stocks disponibles pour les besoins nationaux, notamment ceux de l'aviation civile.

Un embargo jusqu'à fin novembre

La décision, qui prend effet immédiatement, interdit toute exportation de carburéacteur jusqu'à la fin du mois de novembre. Cette période couvre les mois d'été, traditionnellement marqués par une hausse de la demande intérieure. Le gouvernement n'a pas exclu de prolonger cette mesure si la situation l'exigeait. L'objectif affiché est d'éviter une rupture d'approvisionnement qui pourrait paralyser une partie du trafic aérien et de l'activité économique.

Un contexte déjà tendu

Ces dernières semaines, Moscou avait déjà évoqué la possibilité de limiter les exportations de gazole et de kérosène dans un contexte de tensions accrues. Les nouvelles frappes ont précipité la décision d'interdire purement et simplement les ventes de kérosène. Les autorités russes jugent désormais prioritaire de sécuriser le marché intérieur, même au prix d'une perte de recettes à l'exportation. Cette interdiction pourrait également avoir des répercussions sur les prix mondiaux du carburéacteur, la Russie étant un acteur significatif sur ce marché.

Des conséquences économiques et diplomatiques

Si la mesure répond à un impératif de sécurité énergétique immédiat, elle risque de tendre un peu plus les relations commerciales de la Russie avec ses partenaires importateurs. Certains pays, dépendants du kérosène russe, pourraient être contraints de se tourner vers d'autres fournisseurs, ce qui accentuerait la reconfiguration des flux énergétiques mondiaux. La décision russe intervient dans un climat géopolitique déjà marqué par une série de sanctions croisées entre Moscou et les puissances occidentales.