Un documentaire pour un centenaire
Le 10 juin 1926, Antoni Gaudi succombait des suites d’un accident à Barcelone, laissant derrière lui une œuvre inachevée qui continue de fasciner. Un siècle plus tard, Arte propose un documentaire intitulé « La Sagrada Familia, le rêve achevé », réalisé par Marc Jampolsky, qui plonge les téléspectateurs dans les arcanes d’un chantier hors norme. L’émission retrace l’épopée architecturale de ce monument, conçu à l’origine comme une église expiatoire et devenu l’un des symboles les plus visités de la capitale catalane.
Un édifice record
Alors que les célébrations du centenaire battent leur plein, la Sagrada Familia vient d’obtenir un nouveau titre : celui de la plus haute église du monde. La tour principale, dédiée à Jésus-Christ, culmine à 172,5 mètres, dépassant ainsi la flèche de l’église d’Ulm en Allemagne. Ce record, officialisé par les autorités religieuses et les architectes chargés de la construction, marque une étape décisive dans un projet qui dure depuis 1882. Les équipes travaillent désormais à l’édification des dernières tours, dont celle de la Vierge Marie, et espèrent voir le gros œuvre achevé d’ici la fin de la décennie.
Un chantier aux origines complexes
Le documentaire ne se contente pas de montrer l’état actuel des travaux. Il remonte aux premiers jours du projet, confié à l’architecte Francesco de Paula Villar. Ce dernier jeta rapidement l’éponge, laissant la place à un jeune architecte prometteur : Antoni Gaudi. Ce dernier métamorphosa le projet initial, y insufflant son génie visionnaire, mêlant influences néogothiques, inspiration naturaliste et innovations structurelles. Gaudi consacra les dernières années de sa vie à cette œuvre, jusqu’à y habiter et y travailler presque exclusivement. Après sa mort, le chantier connut des interruptions, notamment durant la guerre civile espagnole, avant d’être repris dans les années 1950.
Des défis techniques et artistiques
Le film de Marc Jampolsky donne la parole aux artisans, architectes et historiens qui poursuivent le rêve de Gaudi. Il détaille les contraintes auxquelles ils sont confrontés : respecter les plans originaux, souvent fragmentaires, tout en utilisant des technologies modernes comme la conception assistée par ordinateur ou l’impression 3D. Les sculpteurs taillent la pierre selon les maquettes laissées par le maître, tandis que les ingénieurs calculent la résistance des structures pour atteindre les hauteurs prévues. Le documentaire montre également les coulisses de la tour principale, dont l’achèvement a nécessité des années de préparation.
Une œuvre toujours en construction
Un siècle et demi après la pose de la première pierre, la basilique reste un chantier vivant. Si les autorités ecclésiastiques et la fondation chargée de sa gestion affichent leur confiance dans le calendrier, le public peut encore observer grues et échafaudages autour de l’édifice. Le documentaire « La Sagrada Familia, le rêve achevé » offre une synthèse rare de cette aventure humaine et architecturale, entre hommage à Gaudi et regard sur l’avenir du monument. Il sera diffusé sur Arte dans le cadre d’une programmation spéciale consacrée au génie catalan.