Longtemps considérée comme un précurseur dans l’adoption des technologies numériques en milieu scolaire, la Suède s’apprête à franchir un cap radical. À compter de la rentrée de l’automne 2026, l’utilisation des téléphones portables sera interdite dans les écoles du pays. Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de remise en cause de la place des écrans dans les salles de classe, observé dans plusieurs nations.

La mesure a été annoncée par la coalition de centre-droit au pouvoir, qui mène depuis 2023 une politique visant à réduire le temps passé devant les écrans, en particulier pour les plus jeunes élèves, et à privilégier les supports traditionnels comme les livres. Les autorités constatent une baisse notable des compétences en lecture et en écriture parmi les élèves suédois, un constat qui a motivé ce virage.

« Nous réduisons l’usage des écrans parce que nous pensons que les livres et les méthodes d’apprentissage plus classiques sont meilleurs pour les enfants », a déclaré Joar Forsell, président de la commission de l’éducation du Parlement suédois. Cette prise de position traduit une défiance croissante à l’égard des outils numériques qui avaient envahi les établissements ces dernières années.

Un mouvement international

La Suède n’est pas isolée dans cette démarche. Dans la région nordique, le Danemark examine actuellement une interdiction comparable, tandis que la Finlande a déjà mis en œuvre une loi restreignant l’usage des appareils mobiles dans les écoles depuis le mois d’août 2025. Au-delà de la Scandinavie, plusieurs pays – de l’Espagne à la Corée du Sud – ont adopté des mesures variées visant à limiter l’exposition des élèves aux smartphones.

Ces décisions interviennent alors que les critiques se multiplient contre la saturation numérique des classes. Parents, enseignants et collectivités locales estiment de plus en plus qu’il est nécessaire de revenir à un environnement d’apprentissage moins dépendant des technologies.

Un changement de cap

L’interdiction suédoise marque un revirement notable pour un pays qui avait massivement équipé ses écoles d’ordinateurs, de tablettes et d’applications éducatives. Les experts et les responsables politiques s’interrogent désormais sur les effets réels de cette immersion numérique sur les capacités fondamentales des élèves. Le déclin des compétences de base observé en Suède a ainsi accéléré la mise en place de cette réglementation.

Les modalités précises de l’interdiction n’ont pas encore été détaillées, mais le gouvernement prévoit de les préciser avant l’entrée en vigueur de la mesure. Les établissements devront s’assurer du respect de la règle, tandis que des exceptions pourraient être prévues pour des usages pédagogiques encadrés ou pour des besoins spécifiques.

Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs études récentes interrogent l’efficacité des interdictions de téléphones à l’école. Alors que certains travaux suggèrent une amélioration de la concentration et des résultats, d’autres soulignent la difficulté de mise en œuvre et les risques de contournement. La Suède choisit néanmoins d’adopter une ligne claire, rejoignant ainsi un nombre croissant de pays cherchant à reprendre le contrôle sur l’environnement numérique de leurs élèves.