L’Espagne s’est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde 2026 après avoir dominé la France (2-0) en demi-finale. Au cœur de cette réussite, Lamine Yamal, 19 ans, s’apprête à disputer le premier titre planétaire de sa jeune carrière. Le sélectionneur Luis de la Fuente a confié que le joueur se trouve « en parfaite condition physique » malgré un coup reçu lors de la rencontre contre les Bleus. Quelques jours plus tôt, pour son 19e anniversaire, Yamal avait confié devant les caméras que son plus beau cadeau serait « une victoire et un voyage à New York » – la finale se déroule aux États-Unis.
Des racines marquées par la diversité Né à Esplugues de Llobregat, dans la banlieue de Barcelone, Lamine Yamal est le fils d’un père marocain, Mounir Nasraoui, et d’une mère originaire de Guinée équatoriale, Sheila Ebana. Son nom complet, Lamine Yamal Nasraoui Ebana, reflète cette double ascendance. « Lamine », d’origine arabe, signifie « fidèle » ou « digne de confiance », tandis que « Yamal » est une variante de « Jamal », qui évoque la beauté et la grâce. Dans son quartier d’enfance, Rocafonda, la figure du joueur est désormais taguée sur un mur derrière les buts. Sa grand-mère, Fatima Romani, raconte dans une rare confidence qu’elle se souvient de « nombreuses insultes » proférées à son encontre lorsqu’il était enfant : « Maure, regarde le Noir. » Aujourd’hui, elle constate que les mentalités ont « beaucoup changé ».
Une image de sérénité et de détermination En conférence de presse à la veille de la demi-finale, Yamal avait affiché une décontraction remarquable, portant des chaînes dorées et répondant avec humour. Interrogé sur la pression, il avait simplement répondu : « Pression ? Non. » Cette attitude contraste avec les enjeux : il va désormais croiser Lionel Messi, son idole de toujours et légende du football argentin. Une photo célèbre les montre tous deux vingt ans plus tôt dans un bain, lorsque le bébé Yamal était tenu par le futur champion du monde. Luis de la Fuente a toutefois tenu à tempérer les comparaisons : « Lamine doit tracer sa propre voie », a-t-il déclaré, soulignant un « potentiel exceptionnel » qu’il ne faut pas enfermer dans un parallèle avec la Pulga.
Une tentative de cambriolage en marge du succès Alors que l’Espagne fêtait sa qualification, deux individus cagoulés ont escaladé le mur de la propriété de Yamal en Catalogne aux alentours de 4 heures du matin, quelques heures après la demi-finale. Surpris par le service de sécurité privée grâce aux caméras de surveillance, les malfaiteurs ont pris la fuite sans rien dérober. La police catalane a été alertée et la Division des enquêtes criminelles a ouvert une enquête. L’oncle du joueur a indiqué à une chaîne espagnole ne pas être inquiet, jugeant la demeure « très sécurisée ». Cette résidence de luxe a autrefois appartenu au défenseur Gerard Piqué et à la chanteuse Shakira. Par ailleurs, les autorités enquêtent sur un autre vol avec violence survenu dans le même complexe résidentiel d’Esplugues de Llobregat.
Un symbole de l’Espagne plurielle L’ascension de Lamine Yamal intervient dans un débat national sur l’identité espagnole dans une société de plus en plus multiculturelle. Fils de migrants africains, il personnifie une nouvelle génération de footballeurs ibériques, à l’image de son coéquipier Nico Williams. Alors que le pays s’apprête à vivre une finale inédite face à l’Argentine, le jeune attaquant du FC Barcelone porte sur ses épaules les rêves d’un peuple qui voit en lui bien plus qu’un joueur de football.