Le géant bahreïni de l’aluminium Aluminium Bahrain B.S.C. (Alba) a officialisé, ce mardi 2 juin, le rachat de la société française Aluminium Dunkerque. Le montant de la transaction s’élève à 1,9 milliard d’euros. Le site nordiste, qui constitue la plus importante fonderie d’aluminium du continent européen, change ainsi de mains.

Une opération de grande ampleur dans la métallurgie européenne

L’acquisition a été confirmée par les deux parties. Alba, entreprise publique de l’émirat du Bahreïn, devient propriétaire de l’intégralité des actifs de l’usine implantée dans le port de Dunkerque. Cette fonderie, mise en service au début des années 1990, emploie plusieurs centaines de salariés et produit chaque année environ 300 000 tonnes d’aluminium primaire. Sa capacité en fait le premier site européen du secteur.

Le montant de 1,9 milliard d’euros place cette transaction parmi les plus significatives de l’histoire récente de l’industrie métallurgique en France. Aucun détail n’a été communiqué, pour l’heure, sur les modalités précises de financement ou sur la structure de la dette éventuelle liée à l’opération.

Un actif stratégique pour Alba

Pour le groupe bahreïni, cette acquisition s’inscrit dans une stratégie de croissance internationale. Alba, déjà l’un des plus grands producteurs d’aluminium au monde avec un site majeur à Bahreïn, cherche à étendre sa présence sur le marché européen. L’usine de Dunkerque, bénéficiant d’un accès portuaire et d’un approvisionnement électrique compétitif via un contrat avec EDF, représente un outil industriel de premier plan.

Les dirigeants d’Alba ont souligné que le rachat permettrait de renforcer la position du groupe sur le Vieux Continent, en s’appuyant sur un site à la fois moderne et bien situé pour desservir les clients européens de l’automobile, de l’aéronautique et du bâtiment.

Inquiétudes autour de la souveraineté industrielle

L’annonce de ce rachat suscite des interrogations, notamment quant à la préservation de l’emploi et du savoir-faire français. Les syndicats de l’usine attendent des garanties sur le maintien des effectifs et des conditions de travail. Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par les autorités françaises sur un éventuel examen du dossier au titre du contrôle des investissements étrangers.

Alors que l’Union européenne multiplie les initiatives pour renforcer son autonomie dans les secteurs stratégiques, le passage d’une infrastructure clé de la filière aluminium sous contrôle non européen pourrait relancer le débat sur la souveraineté industrielle. Aucune réaction du gouvernement n’a été rapportée pour l’instant.

Un marché de l’aluminium sous tension

L’acquisition intervient dans un contexte de forte demande pour l’aluminium, tirée notamment par la transition énergétique et la croissance des véhicules électriques. Le métal léger est indispensable pour alléger les structures automobiles et pour les infrastructures de réseaux électriques. Les prix de l’aluminium restent élevés, ce qui valorise les actifs industriels comme celui de Dunkerque.

Les détails de la transition de propriété doivent encore être précisés dans les prochaines semaines. Aucun changement immédiat n’est attendu dans le fonctionnement de l’usine.