L'Agence canadienne d'inspection des aliments a annoncé une restriction provisoire visant les animaux de boucherie et les équidés en provenance du Texas, en raison de l'apparition aux États-Unis de foyers de myiase due à l'asticot nécrophage (New World Screwworm). Cette mesure, détaillée dans un communiqué officiel, prévoit le refus d'entrée au Canada de tout bovin ou cheval qui s'est trouvé au Texas au cours des vingt et un jours précédant la traversée de la frontière.
Deux cas détectés dans le sud du Texas
Les autorités vétérinaires américaines ont confirmé l'infection sur deux jeunes veaux. Le premier cas, identifié mercredi, concernait un veau de trois semaines dans la localité de La Pryor, à environ 48 kilomètres de la frontière mexicaine ; les larves ont été retrouvées dans sa région ombilicale. Le second cas a été signalé vendredi, sur un veau d'un mois dans le comté de Zavala, à quelque 9 kilomètres du premier foyer. Ces détections interviennent alors que les services sanitaires examinaient de « nombreux cas suspects », a indiqué le département américain de l'Agriculture (USDA). Le deuxième animal se trouvait à l'intérieur d'une « zone de contrôle » de 20 kilomètres de rayon mise en place après la première alerte. Dans ce périmètre, l'USDA a imposé des quarantaines, des restrictions de mouvement et une surveillance accrue.
Réaction des autorités texanes
Face à ce qu'il qualifie de « menace imminente ou de danger généralisé pour l'industrie agricole texane », le gouverneur Greg Abbott a proclamé vendredi l'état de catastrophe. Cette proclamation permet de débloquer des ressources supplémentaires vers les zones touchées pour tenter d'enrayer la propagation. « Le risque est que l'infestation s'étende au cours de l'été », a déclaré M. Abbott à des journalistes.
Un parasite qui peut être mortel
La femelle du New World Screwworm dépose ses œufs sur les plaies ouvertes ou les muqueuses des mammifères à sang chaud, y compris les humains. Les larves, une fois écloses, pénètrent les tissus vivants grâce à leurs pièces buccales tranchantes et, sans traitement, peuvent tuer leur hôte. Aux États-Unis, ce parasite était considéré comme éradiqué depuis 1966, mais des cas sporadiques ont été enregistrés par la suite, notamment dans les années 1970.
Mesures canadiennes et américaines
Les responsables canadiens estiment que le parasite a peu de chances de s'implanter durablement au Canada en raison du climat plus froid – l'insecte se développe surtout dans les régions chaudes et humides. Ils recommandent néanmoins aux éleveurs de surveiller leurs animaux pour déceler toute blessure ou lésion « accompagnée d'un écoulement ou d'une odeur fétide », et invitent les voyageurs se rendant au Texas à inspecter leurs animaux de compagnie.
De leur côté, les autorités américaines ont élaboré un plan de lutte incluant le lâcher de centaines de millions de mouches stériles génétiquement modifiées, destinées à freiner la reproduction de l'espèce, ainsi que le recours à des chiens renifleurs spécialement entraînés à repérer le parasite chez les bovins. Certains experts s'interrogent toutefois sur l'efficacité de ces seules mesures pour enrayer la progression de l'infestation.
Un commerce bilatéral important
Le Canada et les États-Unis entretiennent un flux commercial significatif de bovins, qui traversent la frontière pour l'abattage, la reproduction ou la production laitière et lainière. Selon les données du ministère canadien de l'Agriculture, le volume d'importations en provenance des États-Unis a augmenté ces dernières années, avec 550 000 têtes de bétail introduites au Canada en 2025.
Cette interdiction intervient alors que l'épizootie, qui progresse depuis l'Amérique centrale et le Mexique, fait l'objet d'une surveillance étroite de la part des services agricoles et sanitaires américains. Les autorités soulignent que la dissémination à longue distance du parasite est essentiellement due aux déplacements humains.