VIDÉ DE SES DÉTENUS
Les autorités fédérales ont annoncé, mercredi 17 juin, le transfert de tous les immigrés en situation irrégulière qui étaient incarcérés au sein du centre de détention connu sous le nom d'« Alligator Alcatraz », situé dans les marécages des Everglades en Floride. La porte-parole du Département de la Sécurité intérieure (DHS), Lauren Bis, a indiqué que les personnes placées dans cet établissement géré par l'État de Floride avaient été déplacées « pour leur sécurité », en raison du début de la saison des ouragans dans l'Atlantique. Elle n'a précisé ni le nombre exact de personnes concernées ni leur destination, et n'a pas confirmé si le site était définitivement fermé.
Ce transfert intervient alors que l'installation, officiellement mise en service un an plus tôt, faisait l'objet de vives critiques de la part d'organisations de défense des droits humains et faisait face à plusieurs poursuites judiciaires. Des responsables s'étant exprimés sous couvert d'anonymat avaient indiqué en mai que l'isolement du centre, implanté au sein de la réserve naturelle de Big Cypress, le rendait trop coûteux à entretenir.
UN SYMBOLE DE LA POLITIQUE D'IMMIGRATION
Surnommé « Alligator Alcatraz » en référence à la célèbre prison de l'île d'Alcatraz, le centre avait été inauguré en juillet 2025. Présenté à l'origine comme une structure temporaire, il était conçu pour dissuader toute tentative d'évasion par son environnement hostile : « Si les gens s'échappent, il n'y a pas grand-chose pour les attendre à part des alligators et des pythons. Nulle part où aller, nulle part où se cacher », avait alors déclaré le procureur général de Floride, James Uthmeier. Le président Donald Trump et le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, avaient tous deux visité le site après son ouverture. Ce dernier s'était engagé à mobiliser les ressources de son État pour soutenir la politique de « déportation massive » prônée par l'administration républicaine.
Dès ses premiers mois de fonctionnement, le centre avait suscité une vive controverse, notamment de la part des dirigeants des nations amérindiennes Miccosukee et Séminole, dont les terres jouxtent la zone. Des manifestants se sont régulièrement rassemblés aux abords du site pour dénoncer des conditions de détention qualifiées d'« inhumaines ».
DES APPELS À UNE FERMETURE DÉFINITIVE
Alors que le transfert des détenus a été salué par les militants, ces derniers appellent désormais les autorités à acter la fermeture permanente du centre. Pour eux, cette évacuation, motivée par des impératifs climatiques, ne saurait suffire. L'absence d'engagement officiel sur un abandon définitif des lieux laisse planer le doute sur le futur de cette infrastructure, dont le coût de fonctionnement avait été pointé du doigt par plusieurs observateurs.
L'annonce de ce transfert survient après des mois de rumeurs sur une possible fermeture imminente, mais les autorités fédérales n'ont pas confirmé si le bâtiment serait réutilisé ou définitivement abandonné.