La France saisit le Conseil de sécurité de l'ONU

Alors que l'armée israélienne poursuit son avancée au Liban, le chef de la diplomatie française a annoncé ce dimanche 31 mai avoir demandé la convocation en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Jean-Noël Barrot a justifié cette initiative en déclarant que « rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires israéliennes au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais ». La requête vise à provoquer une réunion du Conseil pour examiner la situation sécuritaire et diplomatique dans la région.

La prise de la forteresse de Beaufort

L'événement militaire qui a précipité cette réaction diplomatique est la capture de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique surplombant le sud du Liban et le nord d'Israël. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a qualifié cette opération de « tournant décisif » et de « étape spectaculaire » dans l'offensive en cours. Il a précisé avoir donné pour instruction « d'approfondir et d'étendre notre contrôle des lieux qui étaient sous le contrôle du Hezbollah ». Le ministre de la Défense, Israël Katz, a pour sa part salué le retour de soldats israéliens au sommet de Beaufort, où le drapeau israélien a été de nouveau hissé, évoquant un parallèle avec un épisode militaire survenu quarante-quatre ans plus tôt.

La forteresse, construite au XIIe siècle par les Croisés, avait obtenu en 2024 une protection renforcée de l'Unesco. Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, avait exprimé vendredi son inquiétude face au « sérieux danger » que faisait peser l'offensive israélienne sur ce site classé.

Extension des opérations au-delà du Litani

L'armée israélienne a annoncé avoir franchi le fleuve Litani, situé à une trentaine de kilomètres de la frontière, et étendu ses opérations contre des cibles du Hezbollah au nord de ce cours d'eau. Des frappes ont été menées contre des infrastructures du Hezbollah à Tyr et dans plusieurs autres secteurs du sud du Liban. Le ministère de la Santé libanais a fait état de treize employés blessés dans une frappe israélienne près d'un hôpital à Tyr. L'Agence nationale d'information (Ani) a rapporté que plusieurs villages du sud avaient également été touchés par des bombardements.

Parallèlement, Israël a ordonné l'évacuation d'une vaste zone située entre sa frontière et le fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres plus au nord. Le ministre de la Défense a prévenu que « la campagne n'est pas encore terminée », laissant présager de nouvelles opérations.

Bilan humain et déplacements massifs

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 3 371 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a annoncé dimanche la mort d'un soldat, tué la veille par un drone explosif du Hezbollah.

Réactions des parties en présence

Le Hezbollah a affirmé avoir visé des positions de l'armée israélienne à Shlomi, Nahariya et dans la région de Krayot, dans le nord d'Israël. Un porte-parole militaire israélien a indiqué qu'aucun impact direct n'avait été signalé dans le nord du pays au cours de la dernière heure, et que la plupart des projectiles avaient été interceptés, les autres étant tombés dans des zones non habitées, sans faire de blessés.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé samedi ce qu'il a appelé une « politique de la terre brûlée et de punition collective » menée par Israël, estimant qu'elle « ne lui apporterait ni la sécurité ni la stabilité ». Il a néanmoins défendu la poursuite des négociations directes avec l'État hébreu, lancées en avril et rejetées par le Hezbollah, les présentant comme « la voie la moins coûteuse » pour le Liban.

Contextes diplomatiques et militaires

L'avancée israélienne intervient alors que les États-Unis mènent des négociations avec l'Iran visant à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient. Téhéran conditionne tout accord à l'arrêt des hostilités au Liban. Une nouvelle séance de pourparlers entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, est programmée les 2 et 3 juin à Washington. Une réunion de niveau militaire s'est déjà tenue ces derniers jours.