Le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) a lancé un appel aux pouvoirs publics pour que l'accès aux traitements préventifs contre le VIH, connus sous le nom de PrEP (prophylaxie pré-exposition), soit réel et équitable pour l'ensemble de la population. Dans un avis rendu public ces derniers jours, l'organe consultatif estime que malgré une disponibilité remontant à 2016 et une prise en charge intégrale par l'assurance maladie, le niveau d'utilisation de cette méthode demeure trop limité.
Un constat d'insuffisance Le CNS souligne que, près d'une décennie après son introduction sur le marché français, la PrEP n'a pas atteint le taux de couverture souhaité. Les bénéfices de ce traitement, qui réduit considérablement le risque de contamination par le VIH lorsqu'il est pris correctement, sont reconnus par la communauté médicale. Pourtant, l'instance observe que son recours reste en deçà des objectifs de santé publique, en particulier auprès des populations les plus exposées.
Qu'est-ce que la PrEP ? La prophylaxie pré-exposition consiste en la prise d'un médicament antirétroviral, généralement sous forme de comprimé quotidien ou, depuis plus récemment, d'injections à action prolongée. Ce traitement est destiné aux personnes séronégatives qui présentent un risque élevé de contracter le VIH. Il ne protège pas contre les autres infections sexuellement transmissibles, mais constitue un outil majeur dans la stratégie de prévention combinée contre le sida.
Recommandations de l'instance Dans sa communication, le CNS insiste sur la nécessité de garantir un accès « réel et équitable » à la PrEP sur l'ensemble du territoire. L'organe consultatif préconise une meilleure information du public et des professionnels de santé, ainsi que la suppression des obstacles administratifs ou financiers qui pourraient freiner l'initiation ou le suivi du traitement. L'instance recommande en particulier que cette prévention soit proposée de manière systématique à toute personne qui pourrait en bénéficier, sans discrimination.
Un enjeu de santé publique L'appel du CNS s'inscrit dans un contexte où la lutte contre le VIH reste une priorité sanitaire. Si la France a réalisé des progrès significatifs dans l'accès aux soins et aux traitements, des disparités persistent selon les régions et les catégories sociales. L'instance estime que l'élargissement de l'accès à la PrEP pourrait contribuer à réduire le nombre annuel de nouvelles infections, qui se maintient à plusieurs milliers chaque année. Elle exhorte donc les autorités à renforcer les campagnes de prévention et à investir dans des dispositifs d'accompagnement adaptés.
Prochaines étapes Il revient désormais au gouvernement de prendre en compte les recommandations du CNS. Une réponse officielle est attendue dans les prochains mois. En attendant, les associations de lutte contre le sida saluent cette prise de position et appellent à des mesures concrètes, notamment le déploiement de centres de dépistage et de prescription accessibles, ainsi que le développement de la télémédecine pour le suivi des patients sous PrEP. L'enjeu est de taille : faire de la prévention du VIH une politique réellement inclusive et efficace.