Le département de la Justice des États-Unis a fait savoir, lundi 8 juin 2026, qu'il allait dénaturaliser dix-sept citoyens américains. Cette décision, qualifiée d'inédite par les observateurs, marque une intensification des actions de l'administration Trump en matière de retrait de nationalité.

Les personnes concernées ont été condamnées par différents tribunaux pour des faits de fraude à l'assurance maladie, de fraude électronique (wire fraud) et d'autres actes illégaux. Le communiqué officiel ne précise pas la nationalité d'origine des individus visés ni la date à laquelle ils avaient obtenu la citoyenneté américaine.

Une procédure rare et controversée

La dénaturalisation est une mesure juridique extrêmement peu fréquente aux États-Unis. Elle permet au gouvernement de révoquer la citoyenneté d'une personne naturalisée si celle-ci a obtenu ce statut par des moyens frauduleux ou si elle a commis des crimes graves avant ou après sa naturalisation. L'administration Trump a déjà multiplié les actions en ce sens, mais une annonce regroupant autant de cas simultanément constitue une première.

Selon les informations disponibles, les dix-sept personnes visées ont été condamnées dans le cadre de procédures pénales menées dans plusieurs ressorts judiciaires. Les infractions citées – fraude sanitaire et fraude par voie électronique – font partie des motifs couramment invoqués pour engager une procédure de déchéance de nationalité.

Un signal politique fort

Cette annonce intervient dans un contexte où le président Donald Trump durcit sa politique migratoire et son discours sur l'identité nationale. Si la loi américaine autorise la dénaturalisation pour cause de fraude à l'immigration ou de crimes graves, son utilisation reste exceptionnelle en raison des lourdes conséquences juridiques et humaines pour les concernés.

Aucun détail n'a été fourni sur le calendrier des procédures, ni sur le sort des personnes après la perte de leur citoyenneté. Il est possible qu'elles soient placées en procédure d'expulsion vers leur pays d'origine.

Ce dossier devrait alimenter les débats sur les limites du pouvoir exécutif en matière de citoyenneté et sur le respect des droits fondamentaux, alors que les défenseurs des libertés civiles dénoncent régulièrement les pratiques du gouvernement en la matière.