Le Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan dans le nord de la bande de Gaza, se trouverait dans un état de santé alarmant après plus de 555 jours de détention par les autorités israéliennes. Son fils, Elyas Abu Safia, lui-même médecin, a diffusé dimanche un message vidéo dans lequel il implore la communauté internationale d’agir, dénonçant ce qu’il présente comme des actes de torture et un abandon de la part des dirigeants arabes et musulmans.

Un témoignage accablant

« Avant-hier, l’avocat Nasser Odeh a pu rendre visite à mon père. Il nous a rapporté des détails douloureux », a déclaré Elyas Abu Safia. « Mon père était incapable de respirer, incapable de parler. Son visage était défiguré par les marques de torture et de souffrance, et le sang qu’il a enduré en prison, surtout après la dernière audience à Jérusalem. » Le jeune médecin a affirmé que son père, transféré à l’isolement dans une prison de haute sécurité, montrait des signes de maltraitance extrême.

L’organisation Physicians for Human Rights Israel a de son côté mis en garde contre un danger de mort immédiat pour le détenu. Dans un communiqué, le groupe indique que Me Odeh a pu examiner le Dr Abu Safiya le 2 juillet et a constaté des blessures graves, des traces de violences ainsi que des difficultés respiratoires. Le patient aurait été transféré dans la section Rakefet de la prison de Nitzan, un quartier d’isolement réputé pour ses conditions rigoureuses.

Une détention sans inculpation

Le Dr Hussam Abu Safiya a été arrêté le 27 décembre 2024 alors qu’il exerçait ses fonctions à l’hôpital Kamal Adwan. Les forces israéliennes avaient alors intensifié leurs opérations dans le nord de Gaza, ciblant les infrastructures sanitaires. Le praticien n’a jamais été inculpé formellement. Deux mois avant son arrestation, un drone israélien avait tué un autre de ses fils, Ibrahim, à l’entrée même de l’établissement où il travaillait.

Un appel aux dirigeants

Dans sa vidéo, Elyas Abu Safia a vivement critiqué le silence des dirigeants arabes et musulmans. « Vous nous avez privés même de vos voix, de votre solidarité et de votre soutien, qui auraient dû être présents dès le début de la détention », a-t-il lancé. « Mais votre silence est une trahison et un crime, une complicité dans la torture de mon père et des otages dans les prisons israéliennes. »

L’affaire intervient dans un contexte plus large de dénonciations répétées des conditions de détention des Palestiniens en Israël. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont documenté des cas de mauvais traitements, de privation de soins et de violences derrière les barreaux. La famille du Dr Abu Safiya et ses avocats réclament sa libération immédiate pour raisons médicales, tandis que les autorités israéliennes n’ont pas commenté ces informations.

L’avocat Nasser Odeh, qui a pu rencontrer son client après plusieurs mois de demande, a qualifié cette visite de « témoignage le plus choquant » qu’il ait jamais recueilli. Il a appelé les instances internationales à intervenir d’urgence pour sauver la vie du médecin.

Risque vital

Physicians for Human Rights Israel insiste sur l’urgence : le Dr Abu Safiya ne bénéficierait pas des soins médicaux nécessaires et son isolement aggraverait son état. L’organisation exige son transfert dans un établissement hospitalier civil et une enquête indépendante sur les sévices présumés.