Le directeur du théâtre de La Scala Paris, Frédéric Biessey, a présenté ses excuses après avoir tenu des propos polémiques à l'encontre de Donald Trump et de Benyamin Nétanyahou lors d'une intervention devant des lycéens, jeudi 4 juin. La controverse a été suivie par la découverte de tags à caractère antisémite sur la façade de la salle de spectacle.
Des excuses après un discours jugé déplacé
Intervenant devant un groupe de jeunes, le directeur a notamment évoqué les figures de l'ancien président américain Donald Trump et du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, employant un ton et des termes que les spectateurs présents ont estimés hors de propos dans ce contexte éducatif. Face à la polémique qui a enflé dans les jours suivants, Frédéric Biessey a reconnu que ses remarques n'étaient « pas adaptées » à son auditoire. Il a officiellement présenté ses excuses, admettant une maladresse dans la forme et le fond de son intervention, tout en expliquant avoir voulu susciter une réflexion critique mais sans mesurer l'impact de ses paroles sur un public adolescent.
Dégradation de la façade et slogans antisémites
Dans la foulée de cette controverse, la façade du théâtre parisien a été dégradée. Un tag portant l'inscription « Biessy ami du Hamas » a été apposé sur le mur de l'établissement. Cet acte a immédiatement été condamné par la direction et par plusieurs représentants de la communauté culturelle, qui y ont vu une dérive antisémite inacceptable. La police a été saisie et une enquête a été ouverte pour identifier les auteurs de cette dégradation. Le théâtre a porté plainte, dénonçant une escalade verbale et graphique qui dépasse le simple désaccord politique.
Réactions et conséquences
L'affaire a provoqué une onde de choc dans le milieu culturel parisien. Plusieurs personnalités ont exprimé leur soutien à Frédéric Biessey tout en condamnant fermement les tags, estimant que la liberté d'expression de l'artiste ne saurait justifier des menaces ou des insultes antisémites. D'autres, en revanche, ont critiqué la légèreté du directeur dans ses propos initiaux, soulignant la responsabilité qu'il porte en tant que figure publique. Le théâtre a annoncé qu'il allait renforcer les mesures de sécurité et organiser une série de rencontres avec des associations de lutte contre l'antisémitisme pour apaiser les tensions et réaffirmer son engagement contre toute forme de haine.
Un contexte tendu
Cette affaire survient dans un climat politique et social marqué par de vives tensions autour du conflit israélo-palestinien et des positions de la France à l'égard des dirigeants américain et israélien. Les propos de Frédéric Biessey ont ravivé des sensibilités déjà exacerbées, tandis que l'acte de vandalisme a été perçu comme une tentative d'intimidation. La Scala Paris, lieu emblématique du spectacle vivant, se retrouve au cœur d'une polémique qui mêle politique, art et antisémitisme, obligeant sa direction à une communication de crise.