Le Fonds monétaire international (FMI) a publié, fin juin, ses recommandations annuelles pour la Nouvelle-Zélande, invitant la banque centrale du pays à relever ses taux d'intérêt pour les rapprocher d'un niveau dit neutre. Cette orientation vise à contrecarrer les tensions inflationnistes qui pourraient émerger alors que l'économie locale montre des signes de reprise.

Une politique monétaire à ajuster

Selon l'institution basée à Washington, le taux directeur actuel, maintenu à un niveau historiquement bas depuis plusieurs années, devrait être augmenté progressivement afin d'atteindre un seuil qui ne stimule ni ne freine l'activité économique. Le FMI estime que cette démarche est nécessaire pour éviter une surchauffe et préserver la stabilité des prix à moyen terme. La Nouvelle-Zélande, qui avait connu une période de croissance soutenue avant la pandémie, voit désormais son économie se redresser, portée par une demande intérieure robuste et un marché du travail tendu.

Les experts du Fonds soulignent que la Reserve Bank of New Zealand (RBNZ) doit agir de manière anticipée pour ne pas laisser l'inflation dépasser sa cible de 1 à 3 %. Le rapport note que les anticipations d'inflation restent bien ancrées, mais que des risques haussiers persistent, notamment en raison de la hausse des prix de l'immobilier et des coûts de construction.

Un contexte de reprise économique

La Nouvelle-Zélande a réussi à limiter la propagation du coronavirus grâce à des mesures sanitaires strictes, ce qui a permis une reprise plus rapide que dans de nombreux autres pays. Cependant, cette reprise s'accompagne de déséquilibres, en particulier sur le marché du logement, où les prix ont grimpé de manière significative. Le FMI recommande également des réformes structurelles pour accroître l'offre de logements et réduire les tensions sur ce marché.

Le gouvernement néo-zélandais, dirigé par la Première ministre Jacinda Ardern, a déjà annoncé des mesures pour freiner la spéculation immobilière, mais l'institution internationale estime que des efforts supplémentaires sont nécessaires. Par ailleurs, le FMI salue la gestion budgétaire du pays, qui a permis de soutenir l'économie pendant la crise, tout en appelant à un assainissement progressif des finances publiques.

Une décision imminente de la banque centrale

Les marchés financiers anticipent désormais un premier relèvement des taux directeurs de la RBNZ dès sa prochaine réunion, prévue en juillet. Certains analystes estiment que la banque centrale pourrait procéder à une hausse dès cette réunion, tandis que d'autres jugent la décision moins certaine, en raison de l'incertitude liée à l'évolution de la pandémie et à ses conséquences économiques.

La Nouvelle-Zélande serait ainsi l'un des premiers pays développés à relever ses taux d'intérêt depuis le début de la pandémie, ce qui marquerait un tournant dans la politique monétaire mondiale. La RBNZ avait abaissé son taux directeur à 0,25 % en mars 2020 et mis en place un programme d'assouplissement quantitatif pour soutenir l'économie.

Les implications pour l'économie néo-zélandaise

Un resserrement monétaire pourrait avoir des répercussions sur le taux de change du dollar néo-zélandais, qui s'est déjà apprécié ces derniers mois. Cela pourrait peser sur les exportations, mais aussi contribuer à modérer les pressions inflationnistes importées. Les ménages endettés pourraient également être affectés par la hausse des coûts d'emprunt.

Le FMI recommande que la normalisation de la politique monétaire soit « progressive et bien communiquée » pour éviter des perturbations sur les marchés financiers. L'institution insiste sur l'importance de maintenir une flexibilité dans la mise en œuvre de la politique monétaire, en fonction de l'évolution des données économiques.

Réactions et perspectives

Les recommandations du FMI interviennent dans un contexte où plusieurs banques centrales, notamment en Norvège et en Corée du Sud, commencent à évoquer un possible resserrement de leur politique. La Nouvelle-Zélande, souvent considérée comme un laboratoire en matière de politique monétaire, pourrait ouvrir la voie à un cycle de hausse des taux dans les économies avancées.

Le gouvernement néo-zélandais n'a pas officiellement commenté les recommandations du FMI, mais la RBNZ a indiqué qu'elle prendrait sa décision en fonction des données disponibles. Les investisseurs suivent de près les signaux envoyés par la banque centrale, qui a récemment adopté un ton plus hawkish (favorable à un resserrement) dans ses communications.

En conclusion, l'appel du FMI à un relèvement des taux en Nouvelle-Zélande reflète les défis posés par la reprise économique post-pandémique. L'équilibre entre soutien à la croissance et maîtrise de l'inflation demeure délicat, et la manière dont la RBNZ gérera cette transition sera scrutée de près par les autres banques centrales à travers le monde.