L'escalade militaire dans le Golfe persique a provoqué une flambée des prix du pétrole mercredi, au lendemain de nouvelles frappes entre forces américaines et iraniennes. Cette recrudescence des hostilités fait suite à l'attaque de trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz, dont un navire saoudien, et menace de faire dérailler le retour progressif des navires dans cette voie d'eau stratégique.

Flambée des cours du pétrole

Le Brent, référence internationale, a grimpé de près de 6 % mercredi pour dépasser 76 dollars le baril, un niveau inédit depuis deux semaines. Le brut américain West Texas Intermediate a également progressé, s'établissant autour de 72 dollars. Si ces cours restent en deçà des pics atteints pendant les pires affrontements, cette hausse ramène le baril au-dessus de son prix d'avant-guerre, qui avoisinait 72 dollars. Aux États-Unis, le prix moyen de l'essence à la pompe s'élevait à 3,79 dollars le gallon mardi, soit une augmentation de plus de 27 % par rapport à la veille du conflit fin février.

Frappes américaines et riposte iranienne

Le Commandement central américain a annoncé avoir mené une opération qui s'est achevée aux premières heures de mercredi en Iran, visant plus de 80 cibles. Parmi elles, des dizaines de petites embarcations utilisées par la marine iranienne. L'objectif affiché était de « dégrader la capacité de l'Iran à continuer d'attaquer le commerce international ». En représailles, le commandement militaire iranien a réaffirmé son contrôle sur le détroit d'Ormuz et promis une « réponse écrasante ». Les forces iraniennes ont revendiqué des tirs contre 85 sites militaires américains situés à Bahreïn et au Koweït. Cette escalade prolonge un cycle de représailles qui pourrait compromettre la reprise à peine amorcée du trafic maritime.

Le trafic maritime en suspens

Avant ces nouveaux affrontements, le nombre de navires traversant quotidiennement le détroit d'Ormuz avait commencé à remonter, après que les exportations pétrolières saoudiennes et irakiennes avaient repris via cette route, conformément à un accord américano-iranien. Les données de suivi indiquaient une augmentation des passages, même si certains bâtiments continuaient de désactiver leurs balises de localisation. L'attaque des trois pétroliers, suivie des frappes de représailles, risque de freiner ce mouvement. L'administration Trump a par ailleurs révoqué une dérogation qui permettait la vente de pétrole iranien, une décision présentée comme une sanction supplémentaire après l'incident en mer.

Des perspectives incertaines

Les marchés actions semblent pour l'instant moins affectés que le pétrole, mais les analystes redoutent une perturbation durable des approvisionnements si la situation s'envenime. L'Iran ayant réitéré sa mainmise sur le détroit, aucun retour à la normale n'est attendu à court terme. Le regain de tensions intervient alors que les pays consommateurs, notamment l'Inde, avaient amorcé un retour prudent sur le marché pétrolier du Moyen-Orient. La capacité des forces américaines à protéger le trafic commercial sera déterminante dans les jours à venir.