Frappes américaines : plus de 80 cibles détruites

Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a officialisé le lancement d'une série de frappes en territoire iranien, en riposte à des attaques contre trois navires commerciaux survenus dans le détroit d'Ormuz. Selon le communiqué de l'armée américaine, ces opérations ont visé « plus de 80 cibles », incluant des systèmes de défense antiaérienne, des réseaux de commandement et de surveillance, des sites radar côtiers, des capacités de missiles antinavires ainsi que plus de soixante petites embarcations appartenant au Corps des Gardiens de la Révolution islamique. L'offensive a été justifiée par la nécessité de « imposer un coût élevé » aux actions iraniennes contre le trafic maritime civil.

Riposte iranienne : 85 installations et un drone abattu

En réponse immédiate, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir mené une opération conjointe de leur marine et de leur force aérospatiale, utilisant missiles et drones pour frapper 85 installations militaires américaines situées au Koweït et à Bahreïn. La télévision d'État iranienne a diffusé un communiqué précisant que cette action constituait une « première riposte » à l'agression américaine. Les autorités iraniennes ont également revendiqué la destruction d'un drone MQ-9 américain. Par ailleurs, l'armée koweïtienne a confirmé « repousser des attaques de missiles et de drones hostiles », tandis que les sirènes d'alerte aérienne ont retenti à Bahreïn, les autorités locales appelant la population à gagner les abris.

Contexte : des navires attaqués dans le détroit d'Ormuz

Ces frappes interviennent après une escalade dans la zone stratégique du détroit d'Ormuz, où trois navires commerciaux — un tanker qatari transportant du gaz naturel liquéfié, un pétrolier saoudien et un troisième bâtiment — ont été endommagés par des projectiles iraniens. Les États-Unis ont immédiatement imputé ces tirs à Téhéran. L'incident survient moins d'un mois après la signature, le 17 juin, d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran visant à mettre fin à une guerre engagée fin février. La trêve avait déjà été mise à rude épreuve fin juin, lorsque les États-Unis avaient bombardé l'Iran en l'accusant d'avoir ciblé deux navires, provoquant une riposte iranienne similaire contre des pays du Golfe.

Washington annule une licence pétrolière

Parallèlement aux frappes, l'administration américaine a annoncé la révocation de la licence accordée en juin à l'Iran pour lui permettre de vendre son pétrole de façon temporaire. Cette décision constitue un retour à une pression économique maximale, après une brève période d'assouplissement. Les cours du pétrole ont immédiatement réagi, enregistrant une hausse de 2 à 3 %.

L'Iran menace de conséquences

Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé une violation du protocole d'accord par les États-Unis et promis des « mesures décisives » pour protéger sa sécurité nationale et ses intérêts. Aucune déclaration officielle n'a encore été faite par les autorités américaines sur d'éventuelles nouvelles étapes. Les alliés régionaux, notamment le Koweït et Bahreïn, se trouvent de facto impliqués dans ce cycle de violence, leurs territoires servant de bases aux forces américaines. La fragilité de la trêve semble plus que jamais exposée.