Le gouvernement fédéral américain a renoncé à la création d'un fonds secret de 1,8 milliard de dollars (1,776 milliard) destiné à compenser les alliés de Donald Trump, mais maintient un accord qui interdit à l'Internal Revenue Service (IRS) d'auditer l'ancien président, sa famille et les entités liées, a déclaré mardi le procureur général par intérim, Todd Blanche.

« Nous n'avançons pas avec ce fonds, point final », a-t-il affirmé lors d'une audition de la commission des crédits de la Chambre des représentants. Il a précisé que le département continuerait d'accorder une immunité à Donald Trump et aux membres de sa famille en matière fiscale, avant que l'accord ne soit conclu le mois dernier.

Cette décision intervient après que des experts juridiques ont critiqué le fonds, le qualifiant de « vol pur et simple ». Le projet initial, annoncé par Donald Trump le 1er juin 2026, visait à lutter contre ce qu'il décrivait comme « l'armement » du système judiciaire à son encontre.

Le fonds devait être alimenté par le budget du ministère de la Justice et géré de manière opaque. Les critiques y voyaient un moyen de contourner les procédures légales pour indemniser des proches de l'ancien président, potentiellement impliqués dans des affaires judiciaires.

Une immunité fiscale controversée

Le maintien de l'immunité fiscale accordée à Donald Trump, à sa famille et à ses entités suscite de vives réactions. Cet accord, conclu sous l'administration Trump, interdit à l'IRS d'auditer les finances personnelles et professionnelles de l'ancien président et de son entourage direct. Selon Todd Blanche, cette immunité reste en vigueur, ce qui pourrait priver le fisc américain d'un contrôle crucial sur des transactions potentiellement litigieuses.

Réactions politiques et juridiques

Des parlementaires démocrates ont dénoncé une « atteinte à la transparence et à l'équité fiscale ». Le sénateur Richard Blumenthal a estimé que le maintien de cette immunité « sape la confiance dans l'administration fiscale » et constitue un « précédent dangereux ».

Les experts juridiques, interrogés par plusieurs médias, jugent que ce dispositif est illégal et pourrait faire l'objet de poursuites. « C'est un usage abusif des fonds publics et une immunité fiscale sans précédent pour un ancien président », a commenté un professeur de droit constitutionnel.

Un revirement partiel

L'abandon du fonds de 1,8 milliard de dollars représente un revirement notable de l'administration Trump, qui avait présenté ce fonds comme une nécessité pour « protéger les citoyens contre les abus du système judiciaire ». Toutefois, le maintien de l'immunité fiscale montre que l'exécutif n'est pas prêt à revenir entièrement sur les privilèges accordés à Donald Trump.

Selon des sources proches du dossier, des discussions sont en cours au sein du Congrès pour légiférer afin de limiter ces immunités fiscales. Plusieurs propositions de loi ont été déposées, mais leur adoption reste incertaine face à l'opposition des républicains.

Prochaines étapes

La commission des crédits de la Chambre devrait examiner la décision de Todd Blanche et pourrait convoquer d'autres responsables du ministère de la Justice pour s'expliquer. Parallèlement, des associations de défense des contribuables envisagent de saisir la justice pour faire annuler l'immunité fiscale.

Le débat sur les limites du pouvoir exécutif et les privilèges accordés aux anciens présidents est relancé, alors que Donald Trump reste une figure centrale de la vie politique américaine, en vue des prochaines élections.