Le département d’État américain a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « pratique de deux poids deux mesures » dans l’application de la loi au Royaume-Uni, dans un message de condoléances adressé à la famille d’Henry Nowak, un étudiant de 18 ans assassiné à Southampton. Cette remarque, perçue comme un camouflet pour le gouvernement britannique, intervient dans un contexte de débat houleux sur une éventuelle partialité idéologique des forces de l’ordre.
Les faits à l’origine de la controverse
Henry Nowak est mort après avoir été poignardé par Vickrum Digwa, qui a depuis été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une peine de sûreté de 21 ans. Selon les éléments de l’enquête, alors que la jeune victime gisait au sol, des agents de la police du Hampshire l’ont menotté. L’auteur des coups mortels avait au préalable accusé faussement Nowak d’injures racistes. Cette circonstance a été invoquée par des personnalités publiques comme un exemple de discrimination systémique envers les personnes blanches.
Une accusation aux échos politiques
Elon Musk, propriétaire milliardaire du réseau social X, et Nigel Farage, chef du parti Reform UK, figurent parmi ceux qui ont dénoncé ce qu’ils présentent comme un traitement différencié accordé aux minorités ethniques par la police. Tous deux ont été accusés en retour d’instrumentaliser la mort du jeune homme à des fins politiques.
Le débat sur le « two-tier policing » (ou « deux poids deux mesures policier ») agite régulièrement la vie politique britannique. Ses partisans estiment que certains groupes, en particulier les personnes blanches, seraient traités avec plus de sévérité que d’autres pour des raisons idéologiques. À l’inverse, de nombreux observateurs et responsables policiers jugent cette affirmation infondée.
Position américaine et réactions
Dans sa déclaration, le département d’État a fait référence à un « conditionnement idéologique » au sein des forces de l’ordre britanniques, sans toutefois citer explicitement le gouvernement du Royaume-Uni. Cette prise de position, inhabituelle entre alliés, a été interprétée comme une ingérence dans les affaires intérieures du pays.
Un débat qui divise la société
La question avait déjà été mise en lumière quelques jours plus tôt par un haut responsable de la police, qui avait mis en garde contre les conséquences des accusations de partialité anti-blanche. Selon ce responsable, de telles allégations risqueraient de ramener la police britannique « aux années 1960 », en compromettant les progrès réalisés en matière de diversité et de confiance communautaire.
Les conclusions des enquêtes officielles menées sur les pratiques policières au Royaume-Uni n’ont, à ce jour, pas validé l’existence d’un système à deux vitesses. Plusieurs rapports ont souligné la persistance de discriminations, mais souvent à l’encontre des minorités, et non l’inverse. L’affaire Nowak a toutefois ravivé un sentiment de défiance dans certains segments de la population, amplifié par les réseaux sociaux.