La chancelière de l'Échiquier, Rachel Reeves, a demandé à l'ensemble des départements ministériels de réduire leurs budgets d'investissement d'environ 1% afin de financer une hausse des dépenses militaires. Cette décision intervient alors que le ministère de la Défense (MoD), dirigé par John Healey, réclame un supplément de 18,5 milliards de livres sterling sur quatre ans pour mettre en œuvre son plan d'investissement.
Une méthode qualifiée de « salami slicing »
Cette approche, que le Trésor a qualifiée de « découpage en tranches », consiste à prélever une petite fraction des crédits alloués à chaque administration. Selon des sources officielles, les sommes ainsi dégagées seront redirigées vers le budget de la défense. La méthode suscite des réserves au sein du gouvernement, certains ministres estimant qu'elle compromet des projets d'investissement longuement négociés il y a moins d'un an.
Un contexte de tensions budgétaires
Le recours à cette solution intervient après que le Premier ministre Keir Starmer a choisi, pour une précédente augmentation des crédits militaires, de réduire le budget de l'aide internationale, ce qui avait provoqué la démission de la ministre Anneliese Dodds en février 2025. Cette fois, aucune réserve budgétaire équivalente n'était disponible, contraignant le gouvernement à puiser dans des lignes budgétaires déjà serrées.
Les observateurs notent que cette décision reflète l'absence de volonté affichée de recourir à d'autres options comme une hausse d'impôts, un accroissement de l'endettement ou des coupes plus profondes dans les dépenses publiques. Le gouvernement semble ainsi privilégier une solution de compromis, bien que celle-ci soit décrite comme peu satisfaisante par plusieurs commentateurs.
Des réactions contrastées
La décision a provoqué des remous au sein de l'exécutif. Certains ministres auraient exprimé leur mécontentement face à cette méthode, estimant que les économies demandées risquent de compromettre des projets essentiels dans leurs domaines respectifs. De son côté, le ministère de la Défense a accueilli favorablement la promesse de financements supplémentaires, tout en soulignant la nécessité de maintenir les engagements pris dans le cadre du plan d'investissement.
Un enjeu de crédibilité internationale
Cette augmentation des dépenses militaires s'inscrit dans un contexte de pression exercée par les alliés, notamment les États-Unis, pour que le Royaume-Uni accroisse son effort de défense. Le gouvernement Starmer cherche à montrer sa détermination à respecter ses engagements internationaux, mais la méthode choisie soulève des interrogations sur la soutenabilité à long terme d'une telle politique.
Alors que les discussions se poursuivent au sein du gouvernement, la question de l'impact de ces coupes sur les services publics et les infrastructures demeure au cœur des préoccupations. Les prochains mois permettront de mesurer les conséquences concrètes de ces arbitrages budgétaires.