Le gouvernement britannique s'apprête à modifier en profondeur sa réglementation sur les ventes de voitures neuves, en assouplissant les objectifs de transition vers le tout-électrique. Selon des informations concordantes, l'exécutif emmené par le Premier ministre Keir Starmer devrait abaisser les quotas annuels de véhicules zéro émission (ZEV) que les constructeurs sont tenus de respecter d'ici 2030, cédant aux demandes répétées de l'industrie automobile et des syndicats.
Ce revirement intervient après des mois de pressions exercées par les grands groupes automobiles et les représentants des salariés, qui alertaient sur le coût élevé de la transition et le risque de pertes d'emplois massives dans les usines britanniques. Les modalités précises du nouvel objectif n'ont pas encore été officialisées, mais plusieurs sources proches du dossier évoquent un relèvement significatif de la part autorisée pour les véhicules hybrides dans le mix de ventes à moyen terme.
Un assouplissement des quotas ZEV
Jusqu'à présent, le cadre réglementaire imposait aux constructeurs une augmentation progressive de la part de voitures électriques vendues, avec un objectif final de 100 % de véhicules neufs zéro émission en 2030. Face aux difficultés d'approvisionnement, à la faiblesse relative de la demande et aux investissements colossaux requis, le gouvernement aurait décidé d'assouplir ces contraintes. Les constructeurs pourraient ainsi bénéficier de délais supplémentaires et de quotas moins stricts, tout en conservant un cap de long terme.
La porte-parole de l'exécutif n'a pas commenté ces informations, mais des sources gouvernementales citées par plusieurs médias britanniques confirment qu'une annonce officielle est imminente. Le ministre des Transports aurait déjà présenté les grandes lignes du nouveau dispositif lors de réunions préparatoires avec les partenaires sociaux et les industriels.
Réactions contrastées
Ce revirement suscite des réactions contrastées. D'un côté, les constructeurs automobiles, réunis au sein de l'industrie, saluent une décision « pragmatique » qui préserverait la compétitivité du secteur et les emplois. De l'autre, les organisations environnementales dénoncent un recul dangereux pour la lutte contre le réchauffement climatique, estimant que le Royaume-Uni compromet ses engagements climatiques.
Les syndicats, qui avaient multiplié les avertissements sur le risque de fermetures d'usines et de délocalisations, se félicitent également de cette inflexion. Un porte-parole syndical a déclaré : « Nous avons besoin d'une transition juste qui ne sacrifie pas les travailleurs sur l'autel d'objectifs irréalistes. »
Un contexte économique tendu
L'assouplissement annoncé intervient dans un contexte économique difficile pour l'industrie automobile britannique, confrontée à la flambée des coûts de l'énergie, à l'inflation et aux perturbations des chaînes d'approvisionnement. Plusieurs constructeurs, dont Nissan, qui possède une importante usine à Sunderland, avaient publiquement mis en garde contre les conséquences d'une réglementation trop rigide.
Par ailleurs, cette décision pourrait avoir des répercussions sur la stratégie climatique globale du Royaume-Uni, qui s'est fixé pour objectif d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. La révision des objectifs ZEV pourrait entraîner un retard dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports, l'un des plus polluants du pays.
Une annonce attendue dans les prochains jours
L'exécutif devrait détailler les nouvelles modalités lors d'une conférence de presse prévue dans les prochains jours. Les observateurs s'attendent à ce que le gouvernement présente un calendrier révisé, avec des étapes intermédiaires assouplies, tout en maintenant l'objectif final de 2030 pour l'interdiction de la vente de voitures thermiques neuves.
Cette inflexion marque un tournant significatif dans la politique industrielle et climatique de l'administration Starmer, qui avait jusqu'ici affiché une ambition forte en matière de transition énergétique. Reste à savoir si ce recul suffira à apaiser les craintes du secteur automobile sans compromettre les objectifs climatiques du pays.